Les banques supporteront un doublement de la taxe sur le risque systémique
Le collectif budgétaire du gouvernement, révélé par Les Echos hier, prévoit le doublement de la taxe sur les risques systémiques, de 0,25 à 0,50%. Cet impôt, qui se calcule sur la base des exigences réglementaires en fonds propres des banques, est en place depuis 2011 au titre des comptes à fin 2010. Concernant une petite vingtaine de banques en France, il avait alors rapporté environ 500 millions d’euros. «Quand on augmente une taxe, ca pèse forcément sur le financement de l'économie», rappelle-t-on à la FBF.
Si le texte est adopté en l'état, la recette fiscale sera bien plus importante cette année. BNP Paribas sera le principal contributeur. La première banque française en termes d’actifs pondérés devra 246 millions d’euros. La Société Générale versera 130 millions d’euros, la structure cotée du Crédit Agricole 133 millions d’euros et le groupe BPCE 155 millions d’euros, sur la base des comptes de l’année 2011. Au total, ces quatre établissements devraient donc 664 millions d’euros au Trésor public, contre 340 millions d’euros environ l’an dernier. Les programmes de réduction de bilan lancés par les banques expliquent le fait que le montant dû n’est pas tout à fait multiplié par deux.
En septembre 2010, la ministre des Finances Christine Lagarde avait estimé que cette taxe rapporterait 504 millions d’euros en 2011, 555 millions d’euros en 2012 puis 810 millions d’euros l’an prochain. Elle avait alors expliqué cette montée en puissance par l’accroissement des exigences en fonds propres dans le cadre de Bâle 3 à partir de 2013.
Les entreprises, en particulier celles sous LBO, obtiennent quant à elles un répit sur la non-déductibilité des intérêts d’emprunts souscrits pour l’acquisition de titres de participation. La mesure serait reportée à l’automne. Les intérêts ne seraient plus déductibles s’ils représentent un montant supérieur à 30 % du résultat de l’entreprise, comme en Allemagne.
Le collectif budgétaire prévoit aussi le doublement de la taxe sur les transactions financières de 0,1 % à 0,2 %. Elle pourrait donc rapporter 350 millions d’euros en 2012, indique Les Echos. L’ensemble des mesures prévues devrait permettre au gouvernement de dégager 7,5 milliards d’euros de recettes supplémentaires en 2012.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt