Les banques multiplient les révisions en baisse de résultats passés
Le «profit warning» tardif devient monnaie courante dans le secteur bancaire. Credit Suisse est la dernière banque en date à réviser en baisse ses résultats annuels, quinze jours seulement après les avoir publiés. Vendredi soir, la banque a annoncé 277 millions de francs suisses de provisions pour litiges sur ses comptes du quatrième trimestre 2014. Son bénéfice net trimestriel a ainsi été ramené à 691 millions de francs.
Credit Suisse invoque, sans le nommer, le règlement intervenu après la clôture de ses comptes entre le département de la Justice (DoJ) américain et Morgan Stanley le 25 février. La firme de Wall Street a accepté de régler 2,6 milliards de dollars au titre du fameux dossier des titrisations de prêts immobiliers résidentiels (RMBS) subprimes vendues par les banques avant la crise de 2007 aux agences de refinancement hypothécaires. Là aussi, Morgan Stanley a révisé ses résultats du dernier trimestre dans des proportions conséquentes, le résultat net publié fin janvier (6,15 milliards de dollars pour l’ensemble de 2014) étant amputé de 2,7 milliards.
Ces révisions sont légales. Les comptes annuels des deux banques n’étant pas encore définitifs, tout événement postérieur peut être imputé sur le dernier trimestre. «Le calendrier des récents règlements judiciaires n’est pas quelque chose que nous contrôlons», souligne Morgan Stanley. Mais ces ajustements a posteriori permettent de minimiser l’impact sur les marchés. Morgan Stanley, qui avait déçu le consensus le 20 janvier en publiant ses résultats, n’avait alors passé que 284 millions de dollars de provisions pour litiges liées à l’immobilier.
La pratique fait tiquer certains analystes. «Nous espérons que Credit Suisse ne répète pas le schéma de l’an dernier, lorsqu’il avait ajusté deux fois ses comptes et fait passer le résultat net du quatrième trimestre 2013 d’un profit de 267 millions à une perte de 467 millions de francs», note Dieter Hein, chez AlphaValue.
Les analystes de la Société Générale, eux, s’inquiétaient hier des conséquences du règlement Morgan Stanley, sachant que les amendes du DoJ ont représenté en moyenne 2,5 fois celles des agences hypothécaires. «La facture implicite pour Credit Suisse et Deutsche Bank serait de 2,2 et 4,7 milliards de dollars respectivement (…). Aucune n’a fait de provisions significatives pour couvrir les amendes du DoJ liées aux RMBS», estiment-ils.
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