Les banques italiennes se préparent à céder leurs créances douteuses

Selon une étude de Deloitte, le volume des ventes ne cessera de progresser à mesure que l’économie du pays souffre
Antoine Landrot

L’économie italienne ne donnant guère de signes de reprise économique, les banques transalpines envisagent d’accroître leurs cessions de créances douteuses et litigieuses (ou CDL) dans un avenir proche. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Deloitte auprès des protagonistes du secteur.

«Le niveau de créances douteuses au sein des cinq premières banques italiennes représentait l’équivalent de 65% de leur capital réglementaire au mois de décembre 2011, soit trois points de pourcentage de plus qu’en 2010», rappelle le cabinet. 70% des établissements interrogés s’attendent à voir le montant de leurs CDL progresser en cours d’année. Seuls 15% espèrent une décrue. Le poids croissant de ces créances – qui ont atteint leur plus haut niveau depuis 2000 selon Deloitte – dans le total des prêts au secteur privé italien confirme ce sentiment.

La plupart des catégories de créances ont souffert de ce phénomène, mais, signe inquiétant d’une économie en berne, les prêts aux entreprises et les créances hypothécaires commerciales sont les plus fréquemment citées.

Conséquence, le rythme des cessions de CDL n’a cessé de s’accélérer. «Les 12 derniers mois ont vu quasiment le même nombre de transactions qu’au cours des 36 mois passés», explique Deloitte. La tendance aurait pu être plus marquée dans la mesure où de nombreuses transactions n’ont pu être menées à terme: 37% des banques interrogées expliquent en effet avoir échoué à s’accorder sur un prix avec des acquéreurs potentiels. Seuls 13% estiment que la cession de créances douteuses n’est pas prioritaire. «Au moment de l’enquête, les banques ont pu considérer que le renforcement des fonds propres et la gestion de la liquidité étaient plus importants», admet Deloitte.

Mais ces deux obstacles (difficulté à trouver un prix et priorités autres) semblent progressivement se lever, remarque le cabinet: «la conclusion de ventes de portefeuilles en Italie au cours du premier trimestre permet de penser que les attentes des différentes parties sont en train de s’aligner». D’autant plus que ces cessions d’actifs douteux permettent également de réduire les risques pondérés (cité comme raison principale dans 34% des réponses) et d’améliorer les indicateurs de liquidité (25%).

En 2012 et 2013, 75% des établissements interrogés par Deloitte déclarent vouloir réaliser de telles opérations, pour un montant compris entre trois et six milliards d’euros de CDL.

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