Les banques italiennes ont nettoyé leurs comptes en fin d’année
Aborder 2015 avec une «feuille blanche». Tel était l’objectif des banques italiennes les plus fragiles qui ont renforcé provisions et dépréciations au quatrième trimestre après l’examen approfondi (AQR) conduit par la Banque centrale européenne. Ces mesures ont abouti à de lourdes pertes en fin d’année : 4,2 milliards d’euros pour Monte Paschi (contre un consensus de 2,1 milliards), 1,8 milliard d’euros pour Banco Popolare, 875 millions d’euros pour UBI Banca ou encore 215 millions d’euros pour Banca Carige (après 283 millions d’euros au troisième trimestre).
Le gouvernement italien pourrait accélérer cet assainissement en mettant sur pied une structure de défaisance. 50 milliards d’euros de créances douteuses seraient transformées en titres adossés à des actifs (ABS) garantis par l’Etat puis revendus à la BCE. «Des allègements fiscaux appropriés ou des garanties d’Etat sur des actifs garantis par des créances douteuses favoriseraient la création d’un marché privé pour les créances non performantes», a récemment souligné le gouverneur de la Banque d’Italie, Ignazio Visco.
D’après la Reppublica, ces créances seraient cédées pour 20 milliards d’euros, Rome garantissant jusqu'à 8 milliards d’euros de pertes additionnelles. «Ce projet permettrait de réduire le stock de créances douteuses à hauteur de 28% à 56%, relançant le mécanisme de transmission», notent les analystes de la Société Générale. La baisse des rendements souverains devrait en outre impliquer une normalisation des coûts de financement, bénéfique pour les banques ayant un accès limité au marché. De nouvelles augmentations de capital seraient nécessaires pour soutenir le dispositif.
Des établissements ont déjà effectué des appels au marché ou sont sur le point de le faire : 3 milliards d’euros pour Monte Paschi dans le courant du deuxième trimestre (au lieu des 2,5 milliards initialement prévus et en plus des 5 milliards levés l’an dernier), 700 millions d’euros pour Banca Carige, 1 milliard d’euros pour Banca Popolare di Vicenza et 1,5 milliard pour Banco Popolare. L'équation se complexifie alors que la BCE, nouveau superviseur bancaire, hisse le seuil de solvabilité CET1 (sous Bâle 3) de 7% à 10,5%.
La Société Générale souligne néanmoins que la plupart des établissements se situent déjà dans les clous, la moyenne s'établissant à 11,89% au troisième trimestre 2014.
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