Les banques européennes se sont alourdies en dette souveraine

Selon les dernières données de l’EBA, la hausse de l’exposition des banques à la dette souveraine a été marquée dans les pays périphériques
Antoine Duroyon
Photo: Elisabeth Blanchet
Photo: Elisabeth Blanchet  - 

Dans le cadre d’un «exercice de transparence», bien distinct des tests de résistance, l’Autorité bancaire européenne (EBA) a livré lundi soir sur son site internet une série de données portant sur 64 banques dans 21 pays européens (dont BNP Paribas, Société Générale, BPCE et Crédit Agricole en France).

De ce travail, il ressort notamment que l’exposition de ces établissements à la dette souveraine a diminué de 9,3% en 2011 mais a ensuite augmenté de 9,5% jusqu’en juin 2013. «Bien qu’il soit difficile d’identifier un schéma clair pour l’Union européenne dans son ensemble, l’augmentation est marquée pour les souverains en situation de stress», souligne le document de l’EBA.

Autrement dit, les banques des pays périphériques ont employé les liquidités bon marché obtenues auprès de la BCE pour se gaver en dette souveraine nationale. Une opération de «carry trade» lucrative qui a également permis aux Etats de financer leurs déficits à des taux acceptables. Ainsi en Grèce, la proportion des titres souverains détenus par des banques domestiques, au sein de cet échantillon de 64 banques européennes, est passée de 67% fin 2010 à 99% en juin 2013. En Italie, le curseur est monté dans le même temps de 59% à 76%, tandis qu’il est passé de 78% à 89% en Espagne et de 66% à 84% en Irlande. Au Portugal, le ratio final est moins élevé, avec une hausse de 54% à 71%.

Selon les données de l’EBA, cette évolution n’empêche pas les banques d’améliorer leur profil de solvabilité et de risque. Les fonds propres figurant dans les ratios de base des banques analysées ont augmenté de 80 milliards d’euros entre décembre 2011 et juin 2013. Ceci, combiné à une réduction de 817 milliards d’euros des actifs pondérés du risque, aboutit à un ratio de fonds propres durs, selon la définition de l’EBA, de 11,7% en moyenne à la fin du premier semestre 2013, soit une hausse de 170 points de base par rapport à fin 2011. «Malgré les conditions strictes sur les marchés financiers de juin 2012 à juin 2013, le ratio s’est amélioré de 70 points de base sur cette période», souligne le rapport.

Le test ultime pour les banques européennes est attendu l’année prochaine, avec un examen de la qualité de leurs actifs et des tests de résistance. Tout déficit en capital sera rendu public en octobre 2014.

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