Les banques européennes ont anticipé les tombées de dette en 2011
Et si la montagne de refinancement à laquelle les banques européennes devaient faire face n’était finalement qu’une colline? La crise financière, puis celle de la dette souveraine ont fait craindre un accroissement de l’écart de financement (différence entre prêts et dépôts, soit la partie du bilan à financer sur les marchés) à un niveau incommensurable.
Les coûts de «tous les leviers de financement des banques ont augmenté. Dans le contexte actuel de taux courts faibles, un dépôt rémunéré n’est plus rentable. Après une forte augmentation post-crise, les volumes de collecte se sont stabilisés. En outre, les établissements en meilleure santé ne bénéficient pas d’un avantage concurrentiel: la plus grande partie des dépôts étant garantie, les épargnants sélectionnent à travers le prix», explique Marie-Pierre Peillon, directrice de l’analyse financière de Groupama Asset Management (AM).
Pourtant, le fossé de liquidité à combler s’est réduit depuis la crise: il est passé de 3.500 milliards à 2.000 milliards d’euros entre septembre 2008 et fin 2010, selon Groupama AM. A la hausse des dépôts vécue les premiers temps, s’est ajoutée une réduction forcée du bilan des banques, qui ont cédé des actifs.
Selon le gérant, les établissements doivent faire face à 725 milliards d’euros d’emprunts à refinancer en 2011, dont 510 milliards de dette senior et 215 milliards d’obligations sécurisées. «Mais les banques ont largement anticipé», explique Marie-Pierre Peillon. En 2010, elles avaient déjà préfinancé une petite centaine de milliards d’euros et, dans le cadre de la réduction de leur bilan, n’ont pas renouvelé certains prêts à terme à hauteur de 100 milliards.
Depuis le début de l’année 2011, les banques ont en outre émis 120 milliards d’euros, notamment de titres à haut rendement et, pour certains, en dollars (pour 35 milliards d’euros). «Sachant que 200 milliards d’euros d’émissions d’obligations sécurisées sont attendues pour le restant de l’année, il reste finalement 200 milliards à trouver», souligne la responsable.
Cela dit, tous les établissements ne sont pas logés à la même enseigne. Si Lloyds Banking Group affiche le montant à refinancer le plus important en 2011 (entre 50 et 60 milliards), elle en a déjà effectué la moitié. A la différence des banques portugaises qui, tempère Marie-Pierre Peillon, «malgré des montants plus modestes à refinancer, n’ont encore procédé à aucune émission».
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