Les banques espagnoles encaissent le choc des dégradations
Les marchés ont plutôt bien digéré la dégradation, attendue, de 16 banques de un à trois crans annoncée par Moody’s jeudi dernier. Vendredi, les titres Santander et BBVA ont progressé respectivement de 2,97% (4,5 euros) et 3,69% (4,9 euros) à la Bourse de Madrid alors que la note des deux établissements a été ramenée d’AA3 à A3. Sur le marché obligataire, leurs titres n’étaient que peu malmenés. L’action de Bankia, l’établissement au secours duquel s’est porté l’Etat espagnol il y a quelques jours a même affiché un rebondi de 23.49% (1,7 euro). Jeudi dernier, des rumeurs de retraits de dépôts massifs, démenties par le gouvernement, avaient fait plonger l’action de plus de 14%.
Moody’s a justifié ses dégradations par la récession économique qui touche l’Espagne. Selon l’agence, la situation macroéconomique ne devrait pas s’améliorer cette année. Elle invoque également la dégradation du pays en février de deux crans à A3 qui réduit de fait la capacité de l’Etat à soutenir le secteur bancaire et souligne les difficultés des banques à accéder au marché dans le contexte de crise. Enfin, l’agence s’inquiète aussi de l’augmentation des défauts sur les prêts aux ménages et aux entreprises.
Selon les chiffres publiés par la Banque d’Espagne vendredi, le taux des créances douteuses est passé de 8,30% des encours à 8,37% entre les mois de février et mars. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis près de 18 ans. Le gouvernement de Mariano Rajoy vient de demander aux banques de passer 30 milliards d’euros de provisions pour faire face à leur exposition au secteur immobilier. En février dernier, l’exécutif avait déjà exigé que les banques passent 53 milliards d’euros de provisions.
Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires de l’Union, Olli Rehn a assuré vendredi que l’Espagne n’aurait pas besoin de l’aide européenne pour redresser le secteur bancaire soulignant que son poids relatif dans l'économie est beaucoup moins important que ce qu’il était en Irlande. Le rendement des titres souverains espagnols à dix ans se détendait de 4 points de base vendredi à 6,22% mais il s’est tout de même tendu de 26 points de base en cinq jours.
Après avoir passé en revue les banques italiennes et espagnoles, Moody’s devrait d’ici à la fin juin revoir consécutivement les notes des établissements allemands, français et britanniques.
Plus d'articles du même thème
-
Bruxelles poursuit son Omnibus fiscal
Les Etats membres ont examiné un projet de simplification des règles fiscales le 23 septembre dernier. Un projet qui, à terme, permettrait près de 8 milliards d’euros d’économies par an pour les entreprises. -
Legrand veut continuer à surfer sur la vague des centres de données
Le spécialiste des infrastructures électriques a relevé ses objectifs 2030. Pour les quatre prochaines années, il vise désormais une croissance organique d'au moins 6% par an. Son action en profite. -
Vinci, Eiffage et ADP chutent à cause d'un projet de taxe du gouvernement
La France pourrait augmenter la fiscalité sur les autoroutes et les grands aéroports, faisant reculer les actions du secteur.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Tout et son contraireFace aux Houthis, un camp gouvernemental profondément fragmenté
Le gouvernement internationalement reconnu s'appuie sur une constellation de groupes armés aux intérêts parfois divergents -
3 595,5 milliards d'euros et 119 % du PIB : la dette publique continue sa folle dérive
Selon l’Insee, à l’issue du deuxième trimestre, le ratio de la dette par rapport au PIB atteint 119,0 %, après 117,5 % au premier trimestre 2026 -
Mille et une nuitsLe Moyen-Orient, nouveau centre de gravité des opérations militaires françaises
La guerre en Iran a bouleversé les équilibres dans le Golfe Persique, où la France continue d’élargir sa présence militaire, à la demande de ses partenaires