Les assureurs français sont contraints à des repositionnements stratégiques
Si les assureurs restent optimistes sur la croissance future de leur activité, certaines inquiétudes quant à leurs niveaux de rentabilité les incitent à une refonte de leur modèle surtout pour les compagnies avec réseaux d’agents généraux telles qu’Axa. C’est en tous cas ce que semble démontrer les résultats du baromètre des décideurs de l’assurance 2010 publié mardi par Eurogroup.
Sur les 30 compagnies d’assurance interrogées, 78% voient une amélioration de leur activité en 2010-2011 dans le secteur de l’assurance vie qui profiterait de l’effet «papy boom», 65% dans l’assurance automobile qui a connu quatre ans de stagnation, et 53% dans la prévoyance qui renouerait en 2010-2011 avec ses 5% de croissance historique. Les professionnels se montrent cependant plus sceptiques concernant les assurances multirisques habitation (MRH) qui devraient encore souffrir d’une forte sinistralité.
Une forte inquiétude se fait jour avec l’arrivée sur le marché de la Banque Postale, qui, forte de ses 17.000 points de contact, a annoncé le lancement de son offre «dommages» pour décembre 2010 en partenariat avec Groupama, et se montre déjà très active dans le domaine clé de la santé. Cette nouvelle offre, d’abord lancée sur les canaux à distance (internet et téléphone) puis dans le réseau en mai 2011, viendra directement concurrencer les agents généraux dans leur offre de services et les oblige à un repositionnement stratégique à moyen terme.
Les agents généraux ont déjà dû céder des parts de marché aux bancassureurs. En effet, alors que les mutuelles ont réussi à conserver des parts de marché stables à 40% depuis l’année 2000 et que la vente directe n’a pas réussi à décoller, la hausse de 7% à 12% des parts de marché des bancassureurs dommages s’est faite au détriment de celles des agents généraux qui les ont vu fondre de 8 points à 26% sur la période.
L’exigence accrue des assurés sur les coûts et la qualité de la relation clients obligent les assureurs à des repositionnements stratégiques. A l’instar d’Aviva, Axa cherche à conserver ses parts de marché en recentrant ses activités sur la clientèle haut de gamme par l’amélioration de la qualité de services, et en offrant une plate-forme de télémarketing afin d’automatiser les offres à faible valeur ajoutée. L’assureur développe également son offre bancaire de crédits à la consommation et immobiliers.
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