Les assureurs européens pourraient encaisser un choc sur la dette souveraine
Alors que les inquiétudes sur les dettes souveraines en Europe pèsent sur les assureurs, en raison du poids important des obligations à taux fixe au sein de leurs portefeuilles, l’heure n’est pourtant pas à l’alarmisme, selon Raymond James.
«La part des obligations souveraines est prépondérante, notamment chez les réassureurs, mais l’exposition aux ‘Pigs’ (Portugal , Irlande, Grèce et Espagne, ndlr) est relativement marginale», tempère le courtier, qui se base sur un panel de huit assureurs et réassureurs (Aegon, Allianz, Axa, CNP, Munich Re, Scor, Swiss Re et ZFS). L’exposition brute du panel aux «Pigs», totalisant 62 milliards d’euros, représente ainsi en moyenne 2,8% des investissements totaux. «Les quatre leaders que sont Allianz, Axa, Generali et CNP concentrent 51 milliards d’euros d’exposition», relève Raymond James.
Alors qu’il se base sur les expositions brutes (et non pas nettes des droits des assurés), le courtier souligne que les assureurs devront pouvoir faire face, le cas échéant, à des dépréciations liées à des restructurations de dette en disposant de marges de manœuvre telles que la réalisation de plus-values sur d’autres actifs.
«Nos stress tests démontrent (…) d’importantes capacités d’absorption, même pour les groupes les plus exposés», tels que CNP et Generali (dont respectivement 14% et 10% de leur portefeuille de dettes souveraines correspondent à la zone «Pigs», contre 8% pour l’ensemble du panel, ndlr), relève Raymond James.
«En mobilisant des plus-values latentes d’un montant il est vrai significatif (quelque 100 milliards d’euros, ndlr), les assureurs parviendraient, dans le contexte actuel de taux et de marchés, à neutraliser les pertes formulées dans nos hypothèses (restructuration de 40% pour les dettes grecques et irlandaises et de 20% sur les dettes portugaises et espagnoles, ndlr)», souligne les analystes actions.
«La mise sous tension du secteur bancaire par un défaut partiel d’un des pays de la zone euro aurait probablement des répercussions non négligeables sur la valorisation des actifs des compagnies d’assurance, ces actifs étant pour la plupart en valeur de marché», avertit toutefois Raymond James. Le poids des obligations émises par les institutions financières au sein de l’échantillon se révèle considérable, représentant 46% des obligations d’entreprises.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Medhi Bensaid, ministre de la Culture du Maroc : « La Coupe du monde 2030 permettra de montrer le royaume »
Le ministre marocain de la Culture veut s'associer au privé pour développer des infrastructures culturelles. A côté des secteur traditionnels, il met en avant la stratégie marocaine dans le domaine des jeux vidéo -
Tache d'huileTransit de pétrole : la Russie ressort l'arme énergétique contre l'Allemagne
Moscou suspend pour des raisons « techniques » à partir du 1er mai les livraisons par oléoduc du pétrole kazakh destinées à une raffinerie située à 100 km de Berlin. -
To talk or not to talkMaurice Lévy : « Trop de choses me séparent du RN et je ne vois pas pourquoi je devrais voir ses dirigeants »
Alors que les rencontres entre chefs d'entreprise et RN s'accélèrent, Maurice Lévy, président d'honneur de Publicis, estime qu'il revient aux organisations patronales de recevoir les dirigeants RN.