Les assureurs bataillent auprès de la clientèle d’entreprises
N’en déplaise aux assureurs, la clientèle de professionnels et d’entreprises n’est pas une corne d’abondance. Entre 2011 et 2015, alors que le chiffre d’affaires de l’assurance dommages de particuliers en France a grimpé de 11,6% (2,8% par an) à 36,6 milliards d’euros, celui de la clientèle professionnelle est resté stable à 14,5 milliards d’euros, souligne le cabinet Facts & Figures dans une étude publiée vendredi. La proportion du chiffre d’affaires total réalisée auprès des particuliers est ainsi passée de 69,3% en 2011 à 71,6% en 2015. Tandis que le marché des entreprises a stagné, celui des particuliers a connu une hausse de la matière assurable (nombre de logements et de véhicules) et des tarifs.
Or les assureurs vantent la clientèle professionnelle comme un axe de développement majeur. «Si tout le monde va sur ce marché, soit cela se fera avec des baisses de prix, soit cela ne se fera pas», a commenté en conférence de presse Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures.
De meilleures marges, notamment en multirisques
La profitabilité du segment explique son attrait. En 2015, la marge (résultat technique sur chiffre d’affaires) s’est établie à 12,4% pour la clientèle professionnelle contre 5,1% pour la clientèle de particuliers. Auprès des entreprises, l’assurance multirisques est particulièrement rentable avec une marge de 14,1%. «Pour la responsabilité civile, le risque est très compliqué à évaluer, et pour l’assurance des locaux, on négocie moins car cela rentre dans les frais généraux de l’entreprise», a expliqué Cyrille Chartier-Kastler.
Les réseaux de distribution les plus présents auprès des professionnels et entreprises (en dommages) sont le courtage (43,5% de parts de marchés en termes de chiffre d’affaires) et les agents généraux (30,5%). Viennent ensuite les mutuelles sans intermédiaires (22,3%) et les bancassureurs (3,3%).
Le cas des agents généraux est parlant : en dommages, ils réalisent encore 65% de leur chiffre d’affaires auprès des particuliers. «Le marché des particuliers reste vital pour la survie des agents généraux, il est irréaliste de basculer totalement sur la clientèle professionnelle», commente le consultant. Les compagnies jouent sur les commissions des agents : 16,5% en moyenne pour un client particulier mais de 20 à 22% pour un client professionnel. «Il n’est pas viable de rémunérer autant un intermédiaire de manière récurrente», alerte Cyrille Chartier-Kastler.
Plus d'articles du même thème
-
Les grands risques sont aussi des opportunités d'investissement pour le secteur financier
Les risques géopolitiques, l’intelligence artificielle et le changement climatique se cumulent et mettent à l’épreuve la stabilité financière, mais banques et assurances travaillent sur les manières de les gérer, sous l’œil prudent de l’ACPR. -
Swiss Re déjoue les pièges de la réassurance dommages
Malgré un marché baissier en non-vie, le deuxième réassureur mondial voit son bénéfice net augmenter de 3% sur neuf mois à 4,2 milliards de dollars. -
Bruxelles enterre le règlement sur le partage de données dans la banque et l'assurance
Le projet de règlement européen FiDA qui devait permettre d’aboutir à l’open insurance est supprimé du programme de travail 2027 de la Commission européenne. Pour une majorité du secteur financier, à commencer par les assureurs, qui ne voulaient pas livrer leurs données aux Gafam, c’est un soulagement. Mais il n'est pas certain que ce soit une victoire.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreOlivier Babeau et Jean-Claude Bourrelier : « Le travail doit à nouveau payer »
Ne demandons pas aux Français de travailler davantage pour gagner peu. Pour redresser la France, commençons par une évidence : que le travail paie de nouveau -
Seine colèreQuand François Bayrou a fait le forcing pour occuper un hôtel particulier aux Invalides
Nommé en 2020 à la tête du Haut-Commissariat au Plan, le centriste, qui a toujours alerté sur les dangers de la dette et des déficits publics, a fait stopper la vente d'un hôtel particulier parisien par l'Etat pour s'offrir des salons d'apparat -
Après New York, l’aile gauche des démocrates remporte la mairie de Los Angeles
Avec l’élection de Nithya Raman, surnommée « la Mamdani de Los Angeles », les deux villes les plus peuplées des Etats-Unis sont désormais dirigées par l’aile gauche du Parti démocrate.