Les Agnelli contrecarrent les ambitions d’Axis vis-à-vis de PartnerRe
La concentration du secteur de la réassurance prend une dimension guerrière avec la bataille qui vient de débuter pour le contrôle du bermudien PartnerRe.
Exor, la holding de la famille Agnelli, a annoncé hier soir avoir déposé une offre auprès de PartnerRe, au prix de 130 dollars par action. La proposition (présentée comme «amicale») valorise la cible 6,4 milliards de dollars (six milliards d’euros) et serait payée comptant. Dixième réassureur mondial selon Moody’s, PartnerRe capitalise 5,65 milliards de dollars.
Ce coup de théâtre vient concurrencer le projet de rapprochement entre le groupe des Bermudes et Axis Capital, annoncé en janvier. Ce projet ambitionnait de former l’un des principaux réassureurs mondiaux, qui aurait pesé 14 milliards de dollars en Bourse, cumulerait plus de 10 milliards de dollars de primes brutes, pour un bilan de 33 milliards de dollars. Les actionnaires de PartnerRe auraient reçu 51,6% du capital du nouveau groupe et ceux d’Axis 48,4%.
Mais Axis propose un échange d’actions. L’offre des Agnelli a donc de quoi faire hésiter les actionnaires de PartnerRe. Exor enfonce le clou: «Comparé à un rapprochement réalisé intégralement par échange d’actions, [notre proposition] crée davantage de valeur pour les actionnaires de PartnerRe. Elle apporte une plus grande certitude puisqu’elle est entièrement en numéraire, totalement financée et n’est pas conditionnée à une augmentation de capital d’Exor», indique la holding. Il affirme que ces termes représentent une prime de 16% par rapport au projet d’Axis. PartnerRe a indiqué qu’il allait étudier l’offre d’Exor. Axis recevrait un dédommagement de 250 millions de dollars si le Bermudien convolait avec son prétendant italien, indiquent les analystes de MKM Partners.
Outre sa trésorerie, Exor bénéficie d’une facilité de crédit de 4,75 milliards de dollars apportée par Citigroup et Morgan Stanley. La holding est conseillée par BDT & Company, Morgan Stanley et Citigroup.
La baisse des primes liée à la concurrence et la faible demande des assureurs poussent à la consolidation du secteur de la réassurance. XL et Catlin ont annoncé leur mariage fin 2014, Fairfax Financial et Brit en février dernier, tandis qu’Endurance Specialty a annoncé fin mars l’acquisition de Montpelier Re.
Actionnaire notamment de Fiat Chrysler Automobiles et de Cushman & Wakefield (qu’il veut vendre), Exor veut se diversifier dans les services, en particulier dans les domaines financiers.
Plus d'articles du même thème
-
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments -
«Les marchés ne semblent pas croire à une appréciation durable du yen»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion.
ETF à la Une
Le régulateur suisse autorise le premier ETF investi sur le bitcoin
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
A Orléans, un RN dans sa bulle célèbre la réélection de Jordan Bardella
Les cadres du parti ont déroulé la première journée de leur Congrès dans une pleine satisfaction, peinant à cacher leur optimisme pour la présidentielle à venir -
« L'Etat sera là » : Lecornu promet de reconstruire la mairie de Limoges « à l'identique »
« Le contribuable local, communal, ne mettra pas un euro dans la reconstruction de cet hôtel de ville », a indiqué le Premier ministre. Matignon souhaite une « procédure Notre-Dame » de Paris -
Mobilisation du 24 octobre : des dizaines de milliers de manifestants à Paris, Marseille... des dégradations à Grenoble
Une nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère a lieu dans toute la France, ce samedi 24 octobre, après les violences du 17 octobre. Les manifestations sont placées sous la haute surveillance des forces de l’ordre : 70 000 policiers et gendarmes sont déployés dans le pays