Le secteur de la réassurance se penche sur le risque cyber
Les déboires fin 2013 de Target, victime d’un vol massif de données, ont démontré l’impact potentiellement dévastateur d’une attaque informatique sur l’activité d’une entreprise. A Monte-Carlo, où ils se réunissent depuis samedi, les principaux réassureurs mondiaux soulignent leur volonté de progresser sur ce risque émergent. Après Scor et Munich Re dimanche, les concurrents ont embrayé. «Il y a une forte demande de la part des sociétés. C’est un risque important et sous-estimé», a déclaré hier Christian Mumenthaler, directeur général du pôle réassurance de Swiss Re. Le groupe a réorienté sa stratégie sur les risques de responsabilité avec en filigrane la problématique de l’accumulation des risques.
Chez Hannover Re, le président du directoire Ulrich Wallin voit également dans le risque cyber «une opportunité, en particulier aux Etats-Unis où des couvertures spécifiques sont acquises. Nous prévoyons d’ailleurs d’ouvrir cette année une division américaine dédiée au risque cyber», a précisé le dirigeant. Marsh évalue le marché américain de l’assurance cyber à un milliard de dollars (primes brutes souscrites) pour 2013 et pense qu’il pourrait atteindre jusqu’à 2 milliards cette année. Le marché européen se place loin derrière. Le courtier l’estime autour de 150 millions et évoque une taille potentielle de 700 à 900 millions d’euros d’ici 2018.
Encore embryonnaire, le marché est également difficile à appréhender. «Il est encore compliqué pour les réassureurs de se positionner et de savoir ce qu’ils veulent précisément couvrir et dans quelles limites», a expliqué Stanislas Rouyer, associate managing director de Moody’s. Pour Gunther Saacke, le directeur général de Qatar Re, il s’agit d’un domaine où les efforts de chacun pourront profiter à l’industrie toute entière.
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