Le secteur bancaire s’atrophie en Europe
La fermeture de 5.500 agences bancaires en Europe l’année dernière ne serait qu’anecdotique si elle n’était corroborée par de multiples indicateurs négatifs. A commencer par le volume des actifs bancaires qui s’est contracté en 2012 de 1,9% soit 863 milliards d’euros dans l’Union européenne et de 2,5% dans la zone euro. C’est en France que le phénomène est le plus marqué (-3,6% soit l'équivalent de 316 milliards) ainsi qu’en Allemagne (-2%) et au Royaume-Uni (-1,5%), selon les données de la BCE retraitées par la Fédération bancaire européenne (FBE).
Sous l’effet de la faible demande, la production de prêts s’est considérablement tassée et les encours ont chuté de 518 milliards d’euros pendant l’année dernière. Si ce recul s’explique aux deux tiers par la baisse du crédit interbancaire, elle touche également les prêts au secteur non financier. Devant le manque de profitabilité du crédit à l’économie, certaines banques sont incitées à gonfler leur bilan en obligations d’Etat, reconnaît la FBE. En conséquence, le ratio prêts/dépôts qui avait chuté entre 2007 et 2010 (de 125 à 116%) se stabilise autour de 113%, «une excellente nouvelle pour les régulateurs» mais pas forcément pour les opérateurs économiques, commente la fédération. Parallèlement la concurrence des financements non bancaires se fait sentir avec une augmentation des émissions du secteur non financier de 250 milliards en 2012.
La dégradation générale de la solvabilité se traduit par une hausse constante, depuis 2008, des prêts douteux qui sont passés de 2% à 5,1% des encours en 2012. Dans certains pays, la situation est critique. Les incidents de paiement (retard de plus de 90 jours) affectent 6% des crédits en Espagne, 9% au Portugal et 11% en Italie. Ils excèdent 10% dans certains pays d’Europe centrale et orientale.
Ajoutés à la faiblesse conjoncturelle, l’augmentation des exigences prudentielles et la montée des risques pèsent sur les profits. Le ratio coûts/revenus a retrouvé son niveau de 2007 à 66%, après une période de «vache grasse» en 2009 et 2010 explicable par les plans de sauvetage. Mais la rentabilité est en berne à -1,6% en 2012, selon la FBE, moins que les 0,8% de 2011 et très loin des 10% affichés en 2007. «Ces chiffres traduisent directement le coût de la régulation», explique-t-on à la FBE. Ils résultent aussi des augmentations de capital qui pèsent mécaniquement sur le RoE.
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