Le secteur bancaire portugais reste dépendant des fonds publics
L’assainissement du secteur bancaire portugais n’est pas encore achevé. Le gouvernement a accepté en début de semaine le plan de recapitalisation de la banque Banif. Lisbonne va ainsi injecter 1,1 milliard d’euros dans l’établissement mis en difficultés par la récession économique dans le pays et dont la survie ne tenait actuellement qu’à l’accès aux liquidités de la banque centrale européenne. La banque détient 3,5% du marché portugais.
L’injection de capitaux publics dans la Banif sera réalisée grâce au fonds de recapitalisation prévu dans le cadre du plan de sauvetage accordé en mai 2011 par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), précise le ministère des Finances portugais. Le projet doit être présenté en assemblée générale le 16 janvier prochain. Il doit permettre à la banque d’atteindre un ratio de fonds propres durs (core tier one) supérieur à 10%. La recapitalisation de Banif, qui intervient après la restructuration juridique de la banque via la fusion de la holding de tête et de sa principale filiale opérationnelle, se fera en plusieurs étapes. L’Etat portugais souscrira à une émission d’obligations convertibles contingentes (CoCos) réservée pour un montant de 400 millions d’euros. Lisbonne achètera par ailleurs 70 milliards de nouvelles actions, pour un montant total de 700 millions d’euros.
Ces dernières donneront à l’Etat un droit de dividende prioritaire. Le financement public est conditionné à une restructuration profonde du modèle économique de la banque, précise l’Etat, dont l’engagement au capital ne pourra pas excéder 5 ans. Lisbonne pourrait détenir jusqu'à 60% du capital de la banque.
En plus de ces injections d’argent public, Banif lancera avant le mois de juin une augmentation de capital destinée aux investisseurs privés pour un montant de 450 millions d’euros. Rentipar Financeira et Auto-Industrial, présents au capital de Banif, ont déjà annoncé leur volonté de garantir l’augmentation de capital à hauteur de 100 millions d’euros.
Le fonds de recapitalisation du secteur bancaire portugais avait été doté d’une enveloppe de 12 milliards d’euros. Après cette opération, un total de 5,6 milliards d’euros aura été injecté par l’Etat dans le système bancaire privé portugais. Avant Banif, Banco Commercial Portugues (BCP), Banco Portugues de Investimento (BPI) et la banque publique Caixa Geral de Depositos (CGP) ont profité du fonds de recapitalisation.
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