Le secteur bancaire maintient la pression sur la problématique du « too big to fail »
Quelques heures après le discours de Nicolas Sarkozy en tant que nouvel ordonnateur du G20, l’Institute of International Finance (IIF) est monté au créneau pour faire entendre sa voix. Cet organisme, qui représente plus de 430 établissements bancaires dans 70 pays, entend peser de tout son poids sur le chantier de la réforme de la régulation. Outre l’approche du Comité de Bâle sur les critères de liquidités, qui doit pleinement respecter, estime l’IIF, les périodes d’observation et de surveillance ; la prise en charge des banques dites d’importance systémique (SIFI) figure au centre de ses préoccupations. Le Conseil de stabilité financière (FSB) les a scindées en deux groupes : les SIFI et les global SIFI, ces dernières étant les seules à se soumettre dans un premier temps à des règles prudentielles plus contraignantes.
«Imposer de simples surcharges en capital n’est pas la bonne solution pour renforcer la stabilité du système», a souligné lors d’une conférence de presse Frédéric Oudéa, patron de la Société Générale et responsable du comité en charge de la réglementation sur les fonds propres au sein de l’IIF. «Il y a un risque que cela crée des pressions vers une concentration et par là même conduise à intensifier le problème du ‘too big to fail’ plutôt qu'à l'éliminer», a ajouté le dirigeant.
Pour l’IIF, le G20 doit prendre la mesure du dossier en mandatant un groupe de travail chargé de créer un régime de résolution des activités transfrontalières défaillantes. «Il doit être possible de faire des progrès si la volonté politique existe», a martelé Frédéric Oudéa. Mais le temps presse, et de l’avis de certains régulateurs, cette approche ne tient pas la route.
«La tonalité générale qui se dégage est qu’un dispositif de résolution en bonne et due forme pour les institutions transfrontalières paraît impossible, cela prendrait de très nombreuses années, malheureusement», a estimé Peter Praet, directeur de la Banque nationale de Belgique et membre du Comité de Bâle, lors d’un séminaire à la London School of Economics. Une contrainte qui justifie, à ses yeux, une approche multiple incluant des surcharges systémiques. La définition de ce cadre renforcé de régulation est prévue pour la fin 2011, un calendrier qui semble très ambitieux.
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