Le scandale de manipulation des changes dégrade les comptes de Barclays
Les provisions pour litige n’en finissent pas de contrarier l’amélioration de la rentabilité des banques. Après Deutsche Bank, qui a mis de côté 1,5 milliard d’euros supplémentaires pour faire face à son amende dans le dossier du Libor, Barclays a annoncé mercredi à l’occasion de ses résultats trimestriels une provision supplémentaire de 800 millions de livres (1,1 milliard d’euros), dégradant un bénéfice avant impôt qui a baissé de 26%.
Destinée à couvrir la menace d’une amende liée au scandale de la manipulation du forex, cette somme s’ajoute à une provision de 150 millions de livres, constituée en vue du dédommagement de clients britanniques floués lors de la vente d’assurances emprunteurs (PPI). A fin mars, la banque britannique a inscrit près de 2,1 milliards de livres de provisions pour litiges «concernant principalement le forex» ainsi que 943 millions liés au PPI.
Contrairement à plusieurs grands noms du secteur qui avaient accepté en novembre de payer des amendes totalisant environ 3,5 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros), Barclays s’était abstenue en indiquant à l’époque préférer attendre «afin de conclure un accord plus global». «Antony [Jenkins] (le directeur général, ndlr) avait été très clair lors de la présentation des résultats annuels sur le fait que nous voulons faire des progrès en 2015», a indiqué Tushar Morzaria, le directeur financier.
Ces provisions ont masqué la poursuite des efforts de restructuration de Barclays au premier trimestre. Retraité de ces charges, le résultat net avant impôt aurait progressé de 9%, à 1,84 milliard de livres, et de 14% (à 2,1 milliards) en excluant la structure de défaisance du groupe. Alors que les revenus des métiers «cœur» du groupe ont progressé de 2%, cette dynamique a été soutenue par la poursuite de la réduction de coûts opérationnels, qui ont baissé de 2% à 3,9 milliards de livres.
Outre les réductions de coûts, Barclays a également continué à réduire la taille de son bilan. «Les actifs pondérés du risque (RWA) ont baissé de 6 milliards de livres à 396 milliards compte tenu de la finalisation de la vente de nos activités en Espagne», a commenté Tushar Morzaria. Ce chiffre inclut 65 milliards de livres de RWA mobilisés par la structure de défaisance, qui devrait diminuer à 45 milliards d’ici à 2016 et a coûté 3,3 point de RoE au groupe. Le RoE «cœur» a augmenté de 0,2 point, à 10,9%.
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