Le report du plan de Monte Paschi entretient l’incertitude pour les créanciers juniors
Banca Monte dei Paschi di Siena (MPS) va encore devoir patienter. Le conseil d’administration de la banque italienne, réuni mardi soir, a reporté l’approbation de son plan de restructuration afin de laisser plus de temps aux régulateurs. «Même si de nombreux progrès ont été accomplis au cours des dernières semaines, nous sommes encore en contact avec les autorités italiennes pour finaliser certains aspects des modalités de restructuration de Monte Paschi», explique Antoine Colombani, porte-parole du commissaire européen à la Concurrence.
Ce plan révisé, imposé par les régulateurs en contrepartie d’une aide publique, devrait renforcer les cessions d’actifs, les fermetures d’agences et les mesures de réduction de coût. Il inclura également une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros, un montant nettement supérieur à ce que prévoyait le projet initial en juin. Un appel au marché jugé «optimiste» par les analystes crédit de RBS, qui rappellent que MPS est l’un des établissements les plus faibles selon leurs propres tests de résistance.
Dans ce contexte, la troisième banque italienne a déjà mis ses créanciers juniors à contribution en suspendant récemment le paiement du coupon sur 481 millions d’euros de dette subordonnée tier 1. Selon John Raymond, analyste chez CreditSights, «il apparaît presque certain que la Commission européenne interdira le versement des intérêts sur la dette upper tier 2». A fin décembre 2012, cette catégorie de dette représentait 2,37 milliards d’euros, selon le rapport annuel de l’établissement.
Ces suspensions de paiement de coupon mises de côté, John Raymond estime qu’en l’absence d’une modification de la loi italienne (la directive européenne sur la résolution n’étant pas attendue avant 2015), la méthode la plus probable pour faire participer les créanciers juniors serait des offres d’échange décotées. L’idée serait alors «d’effrayer» en quelque sorte les créanciers en les menaçant d’alternatives encore plus défavorables. Avec au total 5,5 milliards d’euros de dette subordonnée en circulation (tier 1, upper tier 2, lower tier 2), et donc un gisement conséquent pour recapitaliser la banque, RBS évoque un risque «significatif» pesant sur les créanciers juniors.
Plus d'articles du même thème
-
Airbus maintient son plan de vol pour 2026 à l'issue du troisième trimestre
Si le chiffre d'affaires s'effrite, le bénéfice net bondit de 20% d'une année sur l'autre, à 1,34 milliard d'euros. Le rythme des livraisons sera décisif pour la fin de l'exercice. -
Le broker XTB mise sur la cryptomonnaie
XTB a lancé une offre de trading proposant plus de 40 cryptomonnaies en Espagne en octobre. Le même service devrait être lancé en France prochainement. -
Le gaz européen franchit les 100 euros le MWh, au plus haut depuis 2022
Le maintien des tensions au Moyen-Orient associé à l’arrivée de l’hiver pousse les prix à la hausse alors que les stocks européens de gaz sont plus faibles que d'ordinaire. Les prix de l’électricité atteignent également des sommets depuis 2023.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Bataille d'agenda« Préfère-t-on les vacances ou le chaos ? » : les politiques s’écharpent sur les dates de présidentielle
Bruno Retailleau et le Rassemblement National ne veulent pas d’un second tour au lendemain du 1ᵉʳ mai. Même les dates de l’élection deviennent un terrain de lutte politique. -
Le très large projet de loi sur la protection de l'enfance arrive au Sénat
Les sénateurs et le gouvernement envisagent de tailler dans un texte alourdi lors de son passage à l'Assemblée nationale, notamment sur des mesures pénales comme l’imprescriptibilité -
ClassificationClimat : déclarer l’urgence sanitaire, qu’est-ce que ça change ?
Face à l'accélération rapide des impacts du réchauffement climatique sur la santé humaine, 146 scientifiques appellent l’OMS à classer le phénomène comme une « urgence sanitaire mondiale »