Le procès de François Pérol nourrit les rumeurs de succession chez BPCE
Une nouvelle zone de turbulences médiatiques attend BPCE. Le procès en correctionnelle de son patron François Pérol s’ouvre ce lundi et devrait se poursuivre mercredi et jeudi, puis le 29 juin. Le président du directoire du groupe bancaire a été renvoyé devant la justice pour prise illégale d’intérêt, passible de deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. Les conditions de son arrivée à la tête des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, en pleine crise financière, alors qu’il occupait le secrétariat adjoint de l’Elysée, seront passées au crible.
Si François Pérol est présumé innocent, l’hypothèse d’une condamnation agite BPCE et, au-delà, le landerneau bancaire. Le groupe a dû démentir fin mai avoir engagé à la demande de la Banque de France une réflexion sur la nomination d’un dirigeant intérimaire. «Avant la tenue du procès, ce serait un désaveu, corrobore un patron de banque régionale. Mais s’il devait y avoir condamnation, le processus de succession se ferait sans que le groupe soit déstabilisé».
En interne, beaucoup veulent éviter la répétition d’un scénario à la 2009. Exsangues en raison de la crise financière et des pertes massives chez Natixis, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne s’étaient vu imposer par l’Etat un dirigeant extérieur, qui apportait dans sa besace 7 milliards d’euros de soutien public. Les succès de François Pérol ont changé le rapport de force : l’Etat a été remboursé, Natixis a modifié son modèle d’activité, et BPCE a sorti 2,9 milliards d’euros de résultat net en 2014. Autant dire que les récentes rumeurs envoyant François Vilheroy de Galhau, ex-BNP Paribas, ou Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, à la présidence de BPCE, ont fait grincer des dents au sein du groupe coopératif.
«Nous avons plusieurs profils de grande valeur en interne», assure un dirigeant. Les noms d’Olivier Klein, directeur général de la Bred passé par le directoire de BPCE, et de Didier Patault, président du directoire de la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France, tous deux au conseil de surveillance du groupe, reviennent avec insistance dans les conversations. Celui de Laurent Mignon, fort de son bilan chez Natixis, aussi. Mais le directeur général de la filiale cotée présente le handicap de n’être pas membre des fédérations des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires, qui devront adouber le potentiel successeur de François Pérol avant le conseil de surveillance de BPCE.
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