Le numéro deux de Santander pourrait être interdit d’exercer par la justice
Alfredo Saenz sera-t-il présent lors de la prochaine présentation des résultats du géant espagnol Santander ? Bras droit de son président, Emilio Botin, et architecte de l’expansion internationale de ces dernières années, le conseillé délégué est condamné à huit mois de prison et à l’interdiction d’exercer dans une banque, selon El Mundo. La Cour de cassation espagnole devrait publier le jugement ferme dans les prochains jours. Santander s’est refusé à tout commentaire hier.
Le Tribunal supremo confirme ainsi, en la durcissant, une première condamnation émise contre Alfredo Saenz fin 2009 pour une affaire qui remonte à 1994. Alors chargé de remettre à flot la banque Banesto, le président et son équipe auraient à cette occasion accusé sans fondement d’escroquerie trois hommes d’affaires afin de récupérer une dette de près de 4 millions d’euros. Un plainte utilisée pour «faire pression» tout en sachant que les faits reprochés n'étaient pas «avérés», affirmait le premier verdict du tribunal de Barcelone.
Si elle est confirmée, la décision de la Cour de cassation déclenchera un jeu de chaises musicales à la direction de la banque. Compte tenu de son âge (68 ans), Alfredo Saenz n'était pas en ligne pour la succession d’Emilio Botin, assure-t-on en Espagne. L’interrogation concerne donc surtout le poste de conseiller délégué. Or son héritier «naturel» à cette fonction était Antonio Horta-Osorio, président de Santander UK jusqu’en novembre 2010 lorsqu’il a surpris la compagnie en rejoignant Lloyds.
C’est la fille d’Emilio Botin, Ana Patricia Botin, qui l’a remplacé à ce poste. Certains analystes imaginent cette dernière en remplacement d’Alfredo Saenz mais on la pressent plutôt à la présidence, lorsque son père se retirera. Elle doit mener pour l’instant la cotation de Santander UK.
«Bien que le contrôle du capital soit familial, Santander a une conception très professionnalisée des postes exécutifs», précise Manuel Romera, directeur du secteur financier d’IE Business School. Il pointe vers les dirigeants spécialistes du risque œuvrant en Espagne, comme Javier Peralta et Matias Rodriguez Inciarte, qui ont formé une vraie «pépinière» de jeunes talents. «Le successeur d’Alfredo Saenz devrait se trouver parmi les directeurs généraux», complète Pablo García, directeur equity chez Oddo Securities, qui jugeait la baisse du titre (-1,06%) limitée hier compte tenu de la nouvelle.
Plus d'articles du même thème
-
Regarder les risques comme des opportunités
L’Institut français des administrateurs dévoile son guide sur la gestion des risques. Il propose une approche dynamique pour « éclairer les choix, challenger les certitudes ». Ou comment faire d’un dispositif formel qui rassure, un levier d’anticipation. -
M&G Investments renforce sa présence auprès des CGP avant le lancement d'un Eltif de droit français
Depuis son implantation sur le marché français il y a une vingtaine d’années, la filiale de gestion d’actifs de l’assureur britannique met l’accent sur les conseillers et s’apprête à lancer une stratégie de dette privée pour répondre à la demande sur le non-coté. -
Aegon AM transfère sa gestion fiduciaire à Van Lanschot Kempen IM
Les deux sociétés de gestion néerlandaises se sont également engagées sur une collaboration plus approfondie sur les stratégies obligataires alternatives.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreJustice : avant de doubler le budget, repensons la peine
Remettre la peine au centre de l’architecture de la justice est une nécessité vitale aussi bien pour le fonctionnement de l’institution que pour la confiance des citoyens -
Comment Guerlain préserve le savoir-faire de ses Dames de table
A Orphin, dans les Yvelines, les « Dames de table » de Guerlain perpétuent un savoir-faire plus que centenaire, réservé aux flacons les plus précieux de la Maison. -
Roberto Coin, orfèvre contemporain
A l'heure où la joaillerie mondiale se concentre entre quelques grands groupes, l’Italien Roberto Coin joue les électrons libres et célèbre son trentenaire en revendiquant un savoir-faire artisanal local, devenu un véritable levier de croissance.