Le nouveau patron d’Intesa Sanpaolo devra s’imposer dans un contexte mouvementé
L’action Intesa Sanpaolo a été chahutée hier à la Bourse de Milan, au lendemain de la démission du directeur général Enrico Cucchiani, remplacé au pied levé par le patron de la banque de détail Carlo Messina. Le titre a cédé 3,54% à 1,53 euro.
Mediobanca souligne que le cumul d’une instabilité politique en Italie, laquelle a justifié l’avancée du conseil d’administration de mardi à dimanche, et d’un nouveau remaniement de gouvernance peut être pris comme un signe de faiblesse par le marché. «Avec 114 milliards d’obligations souveraines italiennes et pratiquement toute son activité en Italie, Intesa est lourdement exposée aux aléas du pays», rappelle Andrea Filtri, analyste londonien de Mediobanca.
Dans un document de «clarification» transmis hier matin aux autorités boursières, le deuxième établissement transalpin s’est refusé à accabler son ex-directeur général même si les raisons officieuses de son départ auraient trait à des tensions avec le président du conseil de surveillance et les actionnaires de référence. Ces derniers sont d’influentes fondations italiennes, dont le modèle de financement repose avant tout sur les dividendes.
Le groupe bancaire a estimé qu’Enrico Cucchiani, un ancien d’Allianz, avait atteint les résultats escomptés en pleine «crise systémique prolongée». Il sera pourtant resté moins de deux ans à son poste. Le bénéfice net a chuté de 75% au deuxième trimestre en glissement annuel pour s’établir à 116 millions d’euros, sous l’effet d’une approche conservatrice marquée par la comptabilisation d’importantes provisions, à la demande de la Banque d’Italie. Intesa Sanpaolo, qui avance donc le motif d’une «gestion fine» du management, a également déclaré que la nomination du vétéran Carlo Messina allait «accélérer» le potentiel de la banque.
Cette arrivée d’un homme du sérail est d’ailleurs perçue positivement par les analystes. «Carlo Messina a une connaissance approfondie des activités, une large compétence financière et possède une compréhension étendue de l’organisation d’Intesa Sanpaolo», commente Alberto Cordara chez Bank of America Merrill Lynch. Un fin connaisseur des rouages de l’établissement qui devra néanmoins prouver qu’il peut être un dirigeant avec une vision dans une période mouvementée.
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