Le nouveau patron de Lloyds met la banque au régime sec

Le groupe supprimera 15.000 postes d’ici à 2014 et se recentrera sur le Royaume-Uni en fermant au moins 15 de ses 30 implantations à l'étranger
Stéphanie Salti, à Londres

Pour son premier vrai grand oral, le nouveau directeur général de Lloyds Banking Group (LBG), Antonio Horta-Osorio, entré en fonction le 1er mars dernier, a voulu frapper fort. Le directeur général a en effet dévoilé hier les objectifs d’un plan stratégique visant à «donner de la valeur aux actionnaires et aux clients». En substance, LBG, dans le giron de l’Etat à hauteur de 40,6%, va supprimer 15.000 postes d’ici à 2014, un nombre qui s’ajoute aux 28.000 postes déjà supprimés depuis la fusion entre HBOS et Lloyds TSB en 2008.

Au travers de ce plan d’économies qui passe aussi par la simplification des activités, le groupe bancaire envisage de dégager 1,5 milliard de livres (1,67 milliard d’euros) d'économies annuelles en 2014. Ce qui devrait lui permettrait d’investir 2 milliards de livres de plus dans son cœur de métier qu’est l’activité de détail entre 2011 et 2014. LBG veut donc se recentrer sur le marché britannique en investissant prioritairement dans Halifax, mais aussi dans les marques Lloyds TSB et Bank of Scotland.

Contrairement aux rumeurs qui faisaient état d’une cession de ses opérations Scottish Widows, la bancassurance restera «centrale» aux opérations de LBG, selon son directeur général. En revanche, le groupe bancaire veut réduire sa présence dans les marchés internationaux: d’ici à 2014, il ne sera plus présent que dans «moins de la moitié» des 30 pays où il possède des activités. Le groupe n’a cependant donné aucun détail sur l’identité des pays en question. Pas plus qu’il ne s’est exprimé sur la recommandation faite par la Commission bancaire Britannique (ICB), dans son rapport intérimaire, de céder plus que les 600 agences déjà négociées auprès de la Commission européenne en échange de l’aide de l’Etat britannique.

Le groupe s’est aussi fixé de nouveaux objectifs financiers d’ici à 2014. Son coefficient d’exploitation devrait ainsi se situer aux alentours de 42-44% et la banque souhaite améliorer sa marge nette d’intérêt dans une fourchette comprise entre 2,15 et 2,3%, comparé à un peu plus de 2% cette année. Son objectif est aussi de dégager un retour sur fonds propres compris entre 12,5 et 14,5%, une fourchette cependant revue à la baisse. Ce nouveau plan stratégique, qui doit aussi permettre à l’Etat de se désengager, a eu le mérite de plaire aux marchés financiers. L’action Lloyds a fini en hausse de 9,7% hier à 49 pence.

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