Le Lloyd’s se dit suffisamment solide pour absorber le coût du séisme au Japon
L‘année 2009 était record et nous ne pouvons pas réaliser des années records tous les ans». Selon Richard Ward, directeur général du Lloyd’s of London, le marché de l’assurance a publié des résultats solides malgré un contexte difficile. Ses profits imposables pour l’année 2010 ont ainsi reculé à 2,195 milliards de livres, à comparer à 3,868 milliards de livres une année auparavant, soit une baisse de 43%. De même, le ratio combiné, qui mesure le rapport de la somme des frais de gestion et du coût des sinistres sur le total des primes encaissées, s’est détérioré à 93,3%, comparé à 86,1% en 2009. Les retours sur investissement sont également ressortis en baisse de 29%, conséquence «d’une politique d’investissement très conservatrice» selon Richard Ward, composée d’un tiers en cash, d’un autre tiers d’obligations d’état et le restant en obligations d’entreprises.
La rentabilité du marché a surtout été sévèrement impactée par une série de catastrophes naturelles. L’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique, qui a fait 11 morts en avril 2010 et provoqué la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis, a ainsi causé des pertes de 386 millions de dollars au marché de l’assurance. Un montant auquel s’ajoutent ceux du tremblement de terre de Christchurch en Nouvelle-Zélande (660 millions de dollars), des inondations du Queensland en décembre 2010 et janvier 2011 (275 millions de dollars) en Australie. Mais c’est le tremblement de terre au Chili (1,3 milliard de dollars de pertes) qui reste l’événement le plus coûteux pour le Lloyd’s l’an dernier.
«L’histoire montre que les pertes consécutives aux tremblements de terre peuvent se développer sur une longue période», a expliqué Luke Savage, directeur financier du Lloyd’s lors d’une conférence de presse. Le marché de l’assurance londonienne devrait ainsi publier ses estimations de pertes consécutives au tremblement de terre et au tsunami au Japon en mai prochain. Cependant, les dirigeants du Lloyd’s ont d’ores et déjà assuré que le marché avait la solidité financière pour absorber le coût de cette catastrophe naturelle. Selon Luke Savage, les syndicats ayant suffisamment de fonds pour assimiler une perte liée au séisme et au tsunami de 64 milliards de dollars alors que l’impact est généralement estimé dans une fourchette de 20 à 30 milliards de dollars.
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