Le Lloyd’s of London veut attirer davantage de capitaux alternatifs
Le Lloyd’s of London a été affecté par le contexte de marché difficile au premier semestre. Le marché londonien de l’assurance et de la réassurance spécialisées a vu son bénéfice avant impôt fondre de 28% sur la période, à 1,19 milliard de livres (1,68 milliard d’euros). «La baisse du retour sur investissement (à 0,6% fin juin, contre 1,3% un an plus tôt, ndlr) est un facteur majeur. Au niveau de la top line, l’environnement hautement concurrentiel a également joué, avec des pressions tarifaires sur certains segments», explique à L’Agefi Inga Beale, directrice générale du marché londonien. Le secteur de la réassurance est marqué par un excès de capacité combiné à un affaiblissement de la demande des cédantes.
Les lignes d’activité les plus durement touchées sont, sans suprise, la réassurance dommages et l'énergie. A contrario, des lignes émergentes, telle que l’assurance cyber -pour laquelle le Lloyd’s détient une part de marché mondiale de 15% (pour des primes souscrites aujourd’hui à 90% aux Etats-Unis)- ont évolué plus favorablement. Signe de cette dégradation opérationnelle relative, le ratio combiné est remonté à 89,5%, contre 87,4% un an auparavant.
Dans ce contexte opérationnel et financier tumultueux, le retour sur capitaux a chuté pour s'établir à 10,7% fin juin (contre 16,3% fin juin 2014). Afin de stimuler la rentabilité du capital, le marché a commencé à travailler sur un projet visant à attirer davantage de capitaux alternatifs à Londres. Le Lloyd’s, qui compte déjà en son sein Syndicate 2357, établi par le gestionnaire de fonds insurance-linked securities Nephila, entend accentuer le mouvement et «faire de Londres une place attractive pour les fonds ILS», assure Inga Beale. Un groupe de travail a été mis en place sous l’impulsion du gouvernement britannique. Il a notamment pour mission d'étudier une éventuelle modification de la réglementation afin de permettre à des fonds ILS de se domicilier outre-Manche. Ces derniers sont très tournés vers les Bermudes à l’heure actuelle.
Inga Beale souligne par ailleurs que plusieurs opérations de consolidation récentes dans le secteur ont mis en lumière le dynamisme et les atouts des membres du Lloyd’s. Amlin fait ainsi l’objet d’une offre de rachat de la part du japonais Mitsui Sumitomo, tandis que Brit Insurance a rejoint le canadien Fairfax. Un mouvement qui a toutes les raisons de se poursuivre dans l’environnement actuel.
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