Le Gema réclame un encadrement des comparateurs au nom du consommateur

Le syndicat professionnel, qui déplore une approche centrée essentiellement sur le prix, veut échanger sur ce dossier avec les pouvoirs publics.
Antoine Duroyon

Après avoir beaucoup planché ces derniers mois sur des questions de gouvernance, le Gema (Groupement européen des mutuelles d’assurance) se saisit du dossier des comparateurs d’assurance. Son président Pascal Demurger a témoigné mardi, lors de la traditionnelle conférence de presse annuelle du syndical professionnel, de sa volonté d'œuvrer à l'élaboration d’un cadre plus protecteur pour le consommateur. «A force de ne comparer que le prix, on finit par appauvrir l’ensemble du marché sur le long terme», déplore celui qui est également directeur de la Maif.

«Le consommateur doit disposer d’informations explicites, à la fois sur le prix et les garanties, ainsi que d’une profondeur de l’offre», ajoute Pascal Demurger, qui estime que le panel des comparateurs ne couvre actuellement que 5% du marché. Le Gema souhaite donc aboutir à une meilleure régulation pour accompagner le développement progressif des comparateurs, alors que le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) évaluait fin 2011 à moins de 10% la proportion de contrats d’assurance de dommages souscrits via un comparateur. Il est à noter que Covéa, membre du Gema, détient le comparateur Assurland.

Dans sa revue de janvier-février, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, comme l’autorité européenne Eiopa avant elle, va d’ailleurs dans ce sens. «La fiabilité et l’adaptation aux besoins de l’internaute des offres présentées doivent (...) être garanties. Agissant comme courtier d’assurance, le comparateur est en effet soumis au même niveau d’exigence en matière de devoir de conseil», écrit le régulateur.

La directive européenne sur l’intermédiation en assurance (DIA2) en cours d'élaboration, qui prévoit de couvrir les comparateurs, constitue un «premier pas», estime le Gema. Dans ce cadre, les comparateurs seraient soumis à diverses obligations : honorabilité, compétences, devoir de conseil.... Cet effort n’est toutefois pas suffisant, estime Pascal Demurger, puisqu'«on ne va pas jusqu'à encadrer la pratique de consommation».

Le Gema, qui compte depuis peu trois nouveaux adhérents (Groupama, MACSF, Le Conservateur) et poursuit en parallèle un travail de rapprochement et de coopération avec la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurance) dans le cadre de l’AFA (Association française de l’assurance), prévoit d'échanger prochainement avec les pouvoirs publics sur ce sujet.

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