Le Gema réclame un encadrement des comparateurs au nom du consommateur
Après avoir beaucoup planché ces derniers mois sur des questions de gouvernance, le Gema (Groupement européen des mutuelles d’assurance) se saisit du dossier des comparateurs d’assurance. Son président Pascal Demurger a témoigné mardi, lors de la traditionnelle conférence de presse annuelle du syndical professionnel, de sa volonté d'œuvrer à l'élaboration d’un cadre plus protecteur pour le consommateur. «A force de ne comparer que le prix, on finit par appauvrir l’ensemble du marché sur le long terme», déplore celui qui est également directeur de la Maif.
«Le consommateur doit disposer d’informations explicites, à la fois sur le prix et les garanties, ainsi que d’une profondeur de l’offre», ajoute Pascal Demurger, qui estime que le panel des comparateurs ne couvre actuellement que 5% du marché. Le Gema souhaite donc aboutir à une meilleure régulation pour accompagner le développement progressif des comparateurs, alors que le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) évaluait fin 2011 à moins de 10% la proportion de contrats d’assurance de dommages souscrits via un comparateur. Il est à noter que Covéa, membre du Gema, détient le comparateur Assurland.
Dans sa revue de janvier-février, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, comme l’autorité européenne Eiopa avant elle, va d’ailleurs dans ce sens. «La fiabilité et l’adaptation aux besoins de l’internaute des offres présentées doivent (...) être garanties. Agissant comme courtier d’assurance, le comparateur est en effet soumis au même niveau d’exigence en matière de devoir de conseil», écrit le régulateur.
La directive européenne sur l’intermédiation en assurance (DIA2) en cours d'élaboration, qui prévoit de couvrir les comparateurs, constitue un «premier pas», estime le Gema. Dans ce cadre, les comparateurs seraient soumis à diverses obligations : honorabilité, compétences, devoir de conseil.... Cet effort n’est toutefois pas suffisant, estime Pascal Demurger, puisqu'«on ne va pas jusqu'à encadrer la pratique de consommation».
Le Gema, qui compte depuis peu trois nouveaux adhérents (Groupama, MACSF, Le Conservateur) et poursuit en parallèle un travail de rapprochement et de coopération avec la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurance) dans le cadre de l’AFA (Association française de l’assurance), prévoit d'échanger prochainement avec les pouvoirs publics sur ce sujet.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien