Le fardeau Dexia continue de s’alourdir
L’incident informatique qui a retardé la publication des comptes de Dexia vendredi et la suspension consécutive de son cours de Bourse ont été un avant-goût de la teneur de ses résultats. Le fardeau que représente la banque franco-belge, en cours de démantèlement, ne cesse de s’alourdir: après une perte nette de 431 millions d’euros au premier trimestre, Dexia a creusé son déficit de 735 millions au trimestre suivant. Pour la première moitié de l’année, la facture atteint donc 1,17 milliard d’euros. Mais cela reste inférieur au premier semestre 2011, où Dexia avait annoncé des pertes abyssales de 3,9 milliards d’euros.
Dexia a notamment passé une dépréciation de 184 millions d’euros sur les 200 millions d’euros de capital participatif dans deux entités issues de la scission de Kommunalkredit Austria, suite à la décision d’annulation de ces titres par les actionnaires de KA Finanz.
L’établissement a également passé 458 millions d’euros de charges relatives aux cessions réalisées dans le cadre de son plan de démantèlement (la filiale luxembourgeoise BIL, RBC-Dexia Investor Services, la filiale turque Denizbank et Dexia Municipal Agency), en raison de leur nécessaire mise en juste valeur. Ces actifs ont été vendus pour un total de 4,77 milliards d’euros. Ces opérations permettent toutefois à Dexia de réduire de 113 milliards d’euros son bilan, lequel s’élève au 30 juin à 298 milliards.
En revanche, l’annonce d’un accord de négociation exclusive pour la reprise de Dexia Asset Management n’a pas eu lieu, alors qu’il semblait imminent selon plusieurs organes de presse. «Les discussions avec des investisseurs potentiels se poursuivent», note la banque dans son communiqué.
Juger l’activité commerciale n’a plus vraiment de sens pour les activités de financement des collectivités et de banque de gros, que la banque gère en extinction. En revanche, la banque de détail, en attendant sa vente, a accru ses dépôts de 9% par rapport à fin 2011, à 42 milliards d’euros, grâce au Luxembourg et à la Turquie. Dexia AM a stabilisé ses actifs sous gestion, à 78,7 milliards, alors que le secteur de la gestion connaît des décollectes.
Enfin, répondant aux pressions des actionnaires belges, Dexia a renouvelé sa direction: Jean-Luc Dehaene et Pierre Mariani, arrivés en octobre 2008 pour sauver la banque, sont remplacés par Robert de Metz, qui occupe la présidence, et Karel de Boeck (directeur général).
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