Le Crédit Mutuel Arkéa renoue avec ses niveaux de résultats d’avant-crise
Alors que les relations entre ses dirigeants et ceux du CM-CIC se tendent (L’Agefi du 4 mars), le Crédit Mutuel Arkéa a soldé ses mécomptes nés de la crise financière. L’ensemble, qui agrège les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, affiche un chiffre d’affaires record de 1,57 milliard d’euros, en hausse de 17% (13% à périmètre constant), tout comme un bénéfice net historique de 273 millions d’euros, dépassant le montant précédent de 2006.
Ces comptes ont «largement dépassé» les anticipations du groupe, selon Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa. «Les résultats intègrent très peu d’effet de périmètre et reflètent ainsi la croissance interne d’Arkéa. Par souci de prudence, nous avons relevé le taux de couverture de nos encours de crédit: les comptes n’ont pas bénéficié d’une réduction draconienne du coût du risque [-22% à 138 millions]. Ils ne sont pas non plus dopés par des résultats complémentaires liés aux activités de marché», se félicite le dirigeant.
Arkéa s’est en effet recentré: après trois ans de pertes, la contribution au résultat du pôle capital-développement et salle des marchés est quasi-nulle (4 millions d’euros). «Elle devrait le rester dans les années à venir», précise Jean-Pierre Denis, alors que le groupe gère encore 2,4 milliards de positions pour compte propre en extinction. Les pôles de banque de détail (intégrant aussi la clientèle des entreprises, BPE et la banque en ligne Fortuneo) et d’assurance et gestion d’actifs contribuent au résultat à hauteur de 125 et 144 millions respectivement.
Arkéa a franchi le cap des 10 milliards d’euros dans la production de crédits (+46%). Mais le groupe doit une partie importante de son dynamisme commercial à sa stratégie de déploiement. Ainsi, l’accroissement net de 137.000 clients en 2010 (à plus de trois millions) vient pour moitié de ses «nouveaux réseaux»: Financo, Fortuneo, Federal Finance, etc. Autre élément de diversification, l’activité en marque blanche a contribué à hauteur de 15% à 20% aux revenus. La tendance devrait se confirmer: les partenariats signés en 2010 avec notamment Allianz Bank, RCI Banque et ING en Belgique devant porter leurs fruits en 2011.
La situation bénéficiaire du groupe lui permet également de renforcer sa solidité financière: à 4,4 milliards d’euros, dont 3,8 milliards de capital pur, le montant de ses fonds propres n’a jamais été aussi élevé. Son ratio réglementaire tier one atteint 10,2%.
Plus d'articles du même thème
-
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe. -
Le fondateur de BPEA Jean Salata prend la présidence d'EQT
Prévu de longue date, le passage de flambeau entre le fondateur Conni Jonsson et le patron d'EQT pour l'Asie, Jean Eric Salata, à la présidence du conseil d'administration a été validée lors de l'assemblée générale. Le patron de Schneider Electric fait par ailleurs son entrée au conseil. -
Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
Fannie Wurtz prend la direction du pôle clients du gestionnaire d'actifs du Crédit Agricole tandis que Vincent Mortier supervisera le pôle investissements.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- Le marché primaire de la dette corporate en euros profite des beaux jours
Contenu de nos partenaires
-
EsbrouffeTaxes : beaucoup de bruit pour un maigre butin
Taxes sur les petits colis, les hauts revenus, sur les yachts, les pétroliers... Elles devaient renflouer les caisses de l'Etat. Mais au final, il n'y pas eu grand chose à en tirer -
EditorialBolloré, le cinéma et le festival d’hypocrisie
S’il est vrai que le cinéma peut, mieux que d’autres arts majeurs, vendre du rêve et stimuler l’imaginaire, il faudrait tout de même une bonne dose de crédulité pour adhérer à un scénario sur un méchant milliardaire (forcément très-très méchant) qui se ferait copieusement insulter mais continuerait sans broncher à abreuver de millions d’euros ceux qui le piétinent. Et il faudrait une bonne dose de naïveté pour s’étonner que les gentils artistes (forcément très-très gentils) qui veulent mobiliser contre le « crypto-fascisme » de leur financeur, se retrouvent privés de l’argent du réactionnaire honni. -
MacroG7 Finances à Paris : des grandes ambitions, mais sans leviers d'actions
La France veut réduire les déséquilibres mondiaux grâce à la coopération des grandes démocraties, à l’heure où s’aggravent les tensions géopolitiques et commerciales