Le courtier Gras Savoye prépare une nouvelle phase de croissance
La page d’une cession au quatrième courtier mondial, Arthur J. Gallagher & Co, tournée cet été, le courtier français Gras Savoye Willis Towers Watson peut se concentrer sur l’avenir. «Les assureurs l’ont pris comme une bonne nouvelle, a déclaré Cyrille de Montgolfier, son directeur général, lors de la présentation de sa note de conjoncture sur l’évolution des marchés de l’assurance en 2022. Une incertitude est levée. Ils n’ont plus à craindre l’instabilité qu’aurait engendrée l’intégration à Gallagher. Cela a été annoncé suffisamment tôt pour ne pas handicaper les renouvellements 2022» (les contrats renégociés de la rentrée à décembre 2021).
Aucun problème de stratégie
«Nous pouvons maintenant nous inscrire dans la feuille de route de Carl Hess», poursuit Cyrille de Montgolfier. Willis Towers Watson (WTW) a choisi Carl Hess comme nouveau président et prochain directeur général pour succéder à John Haley qui prendra sa retraite à la fin de l’année. Le 9 septembre, le groupe coté au Nasdaq a dévoilé sa stratégie «Grow, Simplify, Transform» pour «libérer de la valeur», avec des objectifs financiers sur trois ans. La France, son troisième marché, le seul où WTW est leader national, s’inscrit dans la perspective de cette communication financière. «Nous n’avons pas de problème de stratégie, se félicite Cyrille de Montgolfier. Nous allons pouvoir déployer un plan de développement, en croissance organique et potentiellement externe.»
Gras Savoye WTW entend profiter des nouvelles capacités financières de sa maison mère. L’échec de la fusion entre Aon et WTW a certes mis fin à la cession de Gras Savoye engagée en parallèle, mais Gallagher a tout de même racheté le courtage en réassurance mondial de WTW. «Avec la cession de Willis Re, le groupe a récupéré 1 milliard de cash, a pointé Cyrille de Montgolfier. Nous avons les moyens d’un plan pluriannuel d’investissements massifs en informatique, comme d’attirer et retenir des talents.»
Un solide modèle, «unique», en France
Gras Savoye peut aussi s’appuyer sur un modèle solide en France, «unique» se vante son directeur général : «équilibré entre assurance de personnes et assurance de biens, avec une palette de clients qui va de la petite entreprise au groupe du CAC 40 et une répartition à 50/50 des équipes entre le siège et nos 35 implantations en régions». C’est aussi en 2024 que le courtier devrait quitter ses locaux de Puteaux, avec une organisation du travail reposant sur son nouvel accord comportant jusqu’à trois jours de télétravail par semaine. Cyrille de Montgolfier est désormais attendu sur l’exécution de son plan de développement.
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