L’assurance et les produits sous marque blanche tirent l’activité d’Arkéa
Le Crédit Mutuel Arkéa profite de sa diversification. Dans un contexte de taux bas et de plafonnement des commissions en France, la banque a réussi en 2014 à faire progresser de 6,4% son produit net bancaire, à 1,72 milliard d’euros. Elle le doit à deux caractéristiques: le poids de l’assurance dans son offre, avec sa filiale Suravenir, et le développement depuis plusieurs années de services sous marque blanche, qui lui valent par exemple de fabriquer les livrets d’épargne de RCI Banque.
«Les activités BtoB représentent 25% de nos revenus, alors qu’en 2008 elles pesaient 10% du produit net bancaire, qui a lui-même progressé de 60% depuis cette date», souligne Jean-Pierre Denis, le président du groupe. Ces chiffres recouvrent l’ensemble des revenus dégagés grâce à des canaux tiers, par opposition aux réseaux internes – les trois enseignes de Crédit Mutuel (Bretagne, Sud-Ouest, Massif central) et Fortuneo.
Le développement de l’assurance vie, dont les encours sont passés de 27,6 à 30,1 milliards en un an, y est pour beaucoup. La collecte nette de Suravenir, réalisée pour moitié par des réseaux tiers, a bondi de 71% l’an dernier à 1,7 milliard d’euros. «Suravenir a une part de marché de 2% au niveau national en termes de stock d’assurance vie, mais de 10% sur les flux», fait valoir Ronan Le Moal, directeur général du Crédit Mutuel Arkéa.
Avec des encours de crédit en hausse de 3,6% et un coût du risque revenu à la normale, le groupe affiche au bout du compte un résultat net de 269 millions sur l’année, en progression de 27%. Le ratio de solvabilité atteint 15,9%. «Nous avons la capacité, sans dépendre de nos ratios, de continuer à grandir par des acquisitions opportunistes et raisonnables», indique Jean-Pierre Denis, qui a pris 45% du capital de Primonial en 2014.
Ces résultats record confortent aussi le groupe dans le bras de fer qui l’oppose à ses cousins alsaciens du CM11-CIC. Arkéa juge impossible la coexistence de deux groupes autonomes et concurrents sous un organe central commun, qui est dans les faits dirigé par le CM-CIC et bride le développement de la banque bretonne sur l’ensemble du territoire.
Des réflexions sont engagées sur une évolution de la gouvernance de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, l’organe central de la banque mutualiste. Une réforme qui, pour aboutir, devra en passer par loi.
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