L’Allemagne opte finalement pour la mise en Bourse de Deutsche Pfandbriefbank
Deutsche Pfandbriefbank (PBB) va s’introduire à la Bourse de Francfort. Alors que sa maison mère, l’ex-groupe bancaire Hypo Real Estate (HRE) nationalisé par Berlin en 2009, avait annoncé en février le lancement d’un appel d’offres pour lui trouver un acquéreur, c’est finalement le projet d’IPO qui l’a emporté. L’opération ne comportera pas d'émission de nouveaux titres et portera sur au moins 75,1% du capital du spécialiste allemand des prêts immobiliers et au secteur public.
«[Cette annonce] fait suite aux résolutions entérinées le 10 juin par l’AG extraordinaire de PBB et son seul actionnaire HRE, du fait du vote positif du comité directeur interministériel», souligne PBB. L’Allemagne, par le biais du fonds de renflouement bancaire SoFFin, s’engagera à détenir encore au moins 20% du capital pendant deux ans. L’IPO sera dirigée par Citigroup et Deutsche Bank et mobilisera aussi JPMorgan, Commerzbank et Berenberg.
Dans le cadre du sauvetage de HRE, qui avait frôlé la faillite en raison notamment de sa filiale irlandaise Depfa, Bruxelles avait exigé que le groupe cède des actifs. Lancée en août 2013, la cession de Depfa, spécialiste du secteur public en Allemagne et aux Etats-Unis, avait alors suscité l’intérêt de plusieurs sociétés de private equity, avant de capoter. Sur fond de désaccord avec le directoire de HRE, Berlin avait décidé en mai 2014 de liquider la filiale.
Fixée fin 2014 pour Depfa, la cession devait de son côté intervenir avant la fin 2015 concernant PBB. Si la piste d’une vente privée a tourné court, la banque allemande jouit pourtant d’une position bien établie, notamment en France. «[PBB] est le plus important émetteur de Pfandbriefe [l’équivalent allemand des covered bonds, Ndlr] en termes de volumes, et figure parmi les cinq premiers émetteurs de covered bonds en Europe», soulignait HRE en février.
Née en 2009 de la fusion des deux filiales bancaires de HRE, PBB a enregistré l’an dernier un bénéfice de 54 millions d’euros malgré la dépréciation de 120 millions appliquée à sa créance sur la «bad bank» autrichienne Heta. Bien que grevé d’une nouvelle dépréciation de 79 millions, prise pour atteindre le niveau de provisionnement de 50% recommandé par la BCE sur les titres de Heta, son profit a augmenté de 34% au premier trimestre, à 51 millions d’euros.
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