L’Afrique du Sud connaît son premier sauvetage bancaire avec African Bank
Banco Espirito Santo (BES) n’est pas le seul établissement à être confronté à de graves problèmes. La banque centrale sud-africaine (South African Reserve Bank) a ainsi annoncé hier avoir placé African Bank Investments (Abil) sous tutelle dans le cadre d’un plan de sauvetage qui prévoit une injection de capitaux de 10 milliards de rands (700 millions d’euros) dans la banque en difficulté. Abil conservera son portefeuille d’actifs sains, d’une valeur cumulée de 26 milliards de rands, alors que ses créances douteuses, d’un montant de 17 milliards de rands, seront reprises par la banque centrale pour 7 milliards.
Ce sauvetage intervient alors que le premier prêteur de dettes non garanties de la République sud-africaine a perdu 93% de sa valeur en Bourse entre le 6 et le 7 août dernier, suite à l’annonce de pertes record cette année de 7,6 milliards de rands (529 millions d’euros), d’un déficit de fonds propres de 8,5 milliards et de la démission de son directeur général et fondateur. Un défaut de paiement aurait pu avoir un effet systémique sur le secteur, la banque ayant 47 milliards de rands d’obligations à son bilan.
Gill Marcus, la gouverneure de la Reserve Bank, a précisé lors d’une conférence de presse que la banque «avait été placée sous supervision externe mais conserverait un fonctionnement normal pour ses clients». Un groupe formé des plus grandes banques du pays (Standard Bank, Nedbank, FirstRand) et du fonds de pension Public Investment Corp (PIC), deuxième actionnaire d’Abil, «souscrira à l’augmentation de capital pour en assurer le succès», a-t-elle ajouté. PIC, qui détient 12,5% du capital d’Abil, avait indiqué vendredi qu’il souhait qu’Abil trouve d’autres sources de revenus pour se rapprocher davantage du modèle de banque traditionnelle.
Spécialisée dans l’octroi de prêts aux familles modestes, Abil a connu un développement rapide dans l’Afrique du Sud post-apartheid mais n’a pas vu venir la crise économique qui a entraîné une nouvelle paupérisation de sa clientèle, confrontée à la montée du chômage et à la hausse du coût de la vie. L'économiste de Nomura, Peter Attard Montalto, s’est à ce propos étonné du manque d’anticipation des autorités et du régulateur sud-africains, Abil ayant commencé à constituer son portefeuille de créances douteuses dès 2012.
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