L’acquisition de Polbank risque de coûter cher en capitaux propres à RBI
Le marché polonais fait l’objet de surenchères. Après l’échec du rachat de Zachodni, passé sous le giron de Santander l’année dernière, BNP Paribas a finalement été devancé par l’autrichienne Raiffeisen Bank International (RBI) dans la course au rachat de Polbank. RBI a en effet annoncé avoir acquis 70% du réseau de détail de Polbank composé de 350 agences réparties sur le territoire polonais auprès de la banque grecque EFG Eurobank Ergasias, pour un montant de 490 millions d’euros en numéraire. L’opération valorise Polbank à 700 millions, soit 1,7 fois sa valeur comptable.
Les deux établissements bancaires comptent fusionner leurs activités dans une nouvelle entité, Raiffeisen Bank Polska, qui sera la branche de financement des entreprises de RBI en Pologne. EFG conservera 13% de Polbank, avec une option de vente exerçable à tout moment pour une valeur minimale de 175 millions d’euros, alors que RBI bénéficiera d’une option d’achat miroir exerçable à partir d’avril 2016.
La banque autrichienne assumera également un milliard d’euros d’engagements de financement dès la finalisation de l’opération, qui doit être encore approuvée par les autorités de régulation, puis 900 millions au fil du temps, se substituant ainsi au financement de la filiale par EFG. Ce 1,9 milliard devrait peser sur la structure de financement de RBI, avec un ratio de prêts sur dépôts déjà à 137%, s’inquiète KBW. Le portefeuille de 5,5 milliards d’euros de Polbank est majoritairement composé de prêts hypothécaires en franc suisse et en euro pesant respectivement 51% et 12% du total. Un modèle qui fait face selon KBW à «des problèmes de financement et de qualité des actifs» après 7 trimestres consécutifs de perte.
«Nous sommes en train de créer des bases pour réussir à se développer dans un des pays bénéficiant d’une des croissances les plus rapides de la zone centre-est de l’Europe», précise le directeur de RBI, Herbert Stepic. Avec cette opération, la banque accroît son exposition au marché polonais de 7 à 13% de son bilan. «Nous estimons que la transaction accroît les faiblesses actuelles du bilan de RBI » selon KBW. Le ratio core tier one de la banque était de 6% en 2010 sur la base des règles Bâle 2 et devrait être de seulement 6,1% en 2012 selon Bâle 3, calcule le courtier La banque aurait ainsi des besoins de 1,7 à 4,2 milliards d’euros en capitaux, soit 20% à 50% de sa valeur de marché.
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