L’accord Icesave sera soumis à un deuxième référendum en Islande
L’Islande prend le risque d’une nouvelle crise avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas. En s’appuyant sur l’article 26 de la Constitution, le président islandais Olafur Grimsson a en effet décidé hier un nouveau référendum, organisé «dès que possible», afin de valider l’accord prévoyant le remboursement de cinq milliards de dollars (3,8 milliards d’euros) à ces deux pays. Ceux-ci avaient en effet pris en charge les pertes de 350.000 déposants britanniques et néerlandais à la suite de la faillite de la banque en ligne Icesave, gérée par Landsbanki, en octobre 2008. L’accord de remboursement, déjà approuvé mercredi dernier par près de 70% des parlementaires islandais, n’avait plus besoin que de la signature présidentielle pour être applicable.
Le chef de l’Etat a justifié sa décision en expliquant qu’il était fondamental que «le peuple exerce le pouvoir législatif dans le différend Icesave». De fait, 42.000 personnes sur un total de 318.000 habitants avaient signé une pétition lui demandant de bloquer cet accord.
C’est la deuxième fois que le président impose son veto sur le dossier Icesave. Lors du précédent référendum, la vaste majorité des quelque 200.000 votants avait rejeté un premier plan de remboursement, retardant d’autant la reprise économique.
Olafur Grimsson a cependant déclaré que les modalités du nouvel accord, définies après des mois de négociations entre les trois pays, étaient meilleures que celles du premier. Mais le ministre des finances Steingrimur J. Sigfusson a admis que ce nouveau retard remettait en cause le projet gouvernemental de placer des Eurobonds en 2011. Le pays fait face à l’équivalent de 713 millions d’euros de dette venant à maturitéd’ici à fin décembre.
Le porte-parole du ministère des finances néerlandais Niels Redekera réagi en indiquant avoir «passé le stade des négociations», ajoutant qu’il était sûr «que le gouvernement islandais prendra la mesure de cette nouvelle situation». Le Trésor britannique a de son côté «pris note» de la décision, en attendant désormais «une clarification de la position islandaise dans les prochains jours». Une issue à ce dossier est d’autant plus importante pour l’image de marque de l’Islande à l'étranger que le pays a entamé l’an dernier des discussions visant à son intégration dans l’Union européenne.
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