La Société Générale parachève son retrait de la gestion traditionnelle
La Société Générale devrait mener à terme cette année son retrait de la gestion d’actifs traditionnelle, un mouvement entamé en 2009. La cotation d’Amundi, prévue à l’automne, lui permettra de monétiser sa participation résiduelle de 20% dans sa filiale commune avec Crédit Agricole SA à un moment où les gestionnaires d’actifs se paient près de 14 fois leurs bénéfices estimés 2016 en Bourse, selon les analystes de Natixis, qui évoquent un «timing parfait».
«La banque n’a pas vocation à garder des participations minoritaires sur le long terme», indiquait hier un proche du groupe. L’idée d’une introduction en Bourse d’Amundi avait d’ailleurs été évoquée dès sa création en 2009, mais avait été ensuite mise entre parenthèses en raison de la crise. Début 2014, la Société Générale s’était allégée en vendant un bloc de 5% au Crédit Agricole en échange de la prise de contrôle totale du courtier Newedge auprès de la banque verte.
Les analystes financiers saluaient hier le double intérêt de l’opération pour la Société Générale: liquidité de la participation et amélioration de la solvabilité. La banque de La Défense, qui n’a pas encore précisé si elle mettrait tout ou partie de ses titres sur le marché, évoque un gain potentiel de 20 points de base sur le ratio de solvabilité CET 1 à fin 2015 en cas de cession totale. Cet effet positif comprend à la fois la baisse des actifs pondérés en risque (RWA) et la plus-value que le groupe espère encaisser. Début 2014, la cession des 5% d’Amundi s’était faite sur la base d’une valorisation de la société à 6,7 milliards d’euros. Les analystes d’Oddo, Natixis ou encore CM-CIC Securities estimaient hier que la filiale de gestion pourrait valoir 7,5 milliards.
Cette sortie progressive du capital ne remettra pas en cause les partenariats industriels qui lient les deux groupes. Amundi restera le fournisseur «de référence» des réseaux de détail (Société Générale, Crédit du Nord…) et d’assurance du groupe rouge et noir, pour une durée de cinq ans renouvelable. Et si l’IPO d’Amundi accroîtra le poids de la banque de détail et de la banque d’investissement dans l’allocation en capital de la Société Générale, cette dernière restera présente dans la gestion d’actifs.
Sa filiale Lyxor lui permet de parier sur les produits structurés – pépite de la BFI –, la gestion alternative, et surtout sur la croissance exponentielle de la gestion passive par le biais des produits indiciels cotés (ETF).
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