La Société Générale mise sur l’Afrique

La banque se donne des objectifs de croissance ambitieux sur le continent, mais dans un cadre maîtrisé.
Marion Leblanc-Wohrer, à Abidjan

La Société Générale aime l’Afrique. Au sein du pôle de banque de détail à l’international (BDDI), le continent tient une place spécifique, «dans sa réalité d’aujourd’hui mais aussi du fait de son histoire, puisque l’Afrique est à l’origine de l’activité de la Société Générale à l’international», affirme Bernardo Sanchez Incera, DG délégué du groupe, en rappelant que la filiale marocaine vient de fêter ses 100 ans et celles au Sénégal, Côte-d’Ivoire et Cameroun leurs 50 ans.

La zone est clé dans la stratégie de croissance du groupe, qui lui donne des objectifs ambitieux, mais réalistes. Ambitieux, puisque le PNB doit croître de 7% en moyenne par an d’ici à 2016 (10% pour l’Afrique subsaharienne et 5% pour le bassin méditerranéen), alors que le continent représente aujourd’hui un quart de BDDI hors services financiers spécialisés. La croissance sera organique, avec l’ouverture de 50 à 70 agences par an, et externe, via des acquisitions ciblées. La Société Générale allouera près de 4 milliards d’euros de ressources supplémentaires en actifs pondérés par le risque (RWA) sur la période 2014-2016. Un objectif qui semble raisonnable au vu des perspectives économiques de la région, avec une croissance supérieure à 5%.

Mais le développement se fera dans un cadre sain et maîtrisé. «Il faut être clair. Les économies ont un fort potentiel de croissance mais il y aura toujours des crises. Nous devons être très rentables pour pouvoir absorber les chocs locaux sans remettre en cause la rentabilité de l’ensemble du dispositif», remarque Alexandre Maymat, directeur délégué banque et services financiers internationaux, responsable de la région. Chaque filiale doit être indépendante financièrement, avec un bilan équilibré - en 2014, les crédits dans la zone ont atteint 13 milliards d’euros, pour 13 milliards de dépôts. Les objectifs de rentabilité sont élevés, avec un RoE devant passer de 10% en 2013 à 15% en 2016, grâce à une politique de gestion stricte des coûts et une maîtrise des risques renforcée.

Enfin, la Société Générale veut développer les synergies entre les lignes métiers du groupe et les filiales, élargir son offre (la banque est la première à développer l’affacturage et le reverse factoring pour les entreprises africaines), et s’aligner sur les standards internationaux, notamment dans le cash management. Enfin, dans la banque de détail, «reproduire les modèles ne suffit plus, il faut inventer» déclare Alexandre Maymat.

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