La Société Générale diminue son exposition à Rosbank
C’est une des leçons de la crise financière et de la quasi-faillite de la Grèce en 2011-2012. Les grandes banques incitent désormais leurs filiales étrangères à se financer de manière autonome. A la Société Générale, la filiale russe Rosbank, dont le ratio de prêts sur dépôts atteint 108%, est la première concernée, mais toutes les implantations internationales sont logées à cette enseigne. Elle vient d’émettre des obligations en roubles, a révélé hier le FT.
«Les trois entités du groupe en Russie (Rosbank, Delta Credit Bank, Rusfinance Bank) ont réalisé des opérations obligataires, sursouscrites, pour un total de 31 milliards de roubles (620 millions d’euros)», confirmait-on hier au siège de la Société Générale.
Le groupe a déjà indiqué vouloir ramener les financements intragroupes accordés à Rosbank sous la barre du milliard d’euros fin 2014. A fin juin, ils se montaient à 1,2 milliard, plus 700 millions de capital hybride souscrit par la maison mère. S’y ajoute une exposition en fonds propres de 3,3 milliards.
Au total, le risque maximum, avant impôt, de la Société Générale atteint donc 5,2 milliards d’euros. L’ardoise serait supportable même dans le pire des scénarios, qui verrait une nationalisation de Rosbank, ou une cession pour un euro, consécutives à une aggravation de la crise politique entre Moscou et l’Occident.
L’exposition plus générale du groupe à la Russie représentait à fin juin 3% de son risque de crédit (726 milliards d’euros en bilan et hors bilan dans le monde), a rappelé Frédéric Oudéa, son PDG, lors d’une conférence investisseurs à Londres le 1er octobre. Une perte sèche amputerait le ratio common equity tier one de 40 à 50 points de base, estiment les analystes de JPMorgan et Natixis. Pas de quoi contraindre la banque à lancer une augmentation de capital. La perte sur le financement intragroupe (dette hybride incluse) serait déductible fiscalement, et la banque pourrait reprendre 0,5 milliard d’euros de réserves de conversion destinées à couvrir les fluctuations du rouble, ajoute JPMorgan.
«Le meilleur des scénarios serait une cession de Rosbank à la valeur des capitaux propres, soit 3,7 milliards, avec une récupération à 100% de la ligne de liquidité. Le ratio CET1 serait renforcé de 55 pb à 10,7%. Une telle transaction serait clairement appréciée du marché et le groupe pourrait utiliser le capital libéré pour renforcer son réseau en Afrique, par exemple», estiment les analystes de Natixis.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATNouvelles perspectives sur les marchés privés
Marchés privés : où se dessinent les opportunités entre reprise, sélectivité, IA et besoins d’infrastructures ? -
PARTENARIATCrédit : regarder au-delà du consensus
Rendement attractif, défauts contenus : tout le monde est d'accord. C'est derrière les moyennes que tout se joue. -
PARTENARIATPrincipal Inside : « Le moment est favorable pour investir sur certains marchés immobiliers »
Entretien avec Guillaume Masset, Président de Principal Asset Management France
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Un « acte hostile » : pourquoi Vladimir Poutine a fait main basse sur Auchan et Leroy Merlin en Russie
Dans un décret publié le 17 septembre, le Kremlin a annoncé la prise de contrôle de plusieurs filiales de groupes européens. Le ministre de l'Economie Roland Lescure a dénoncé un « chantage économique » -
Tribune libreLa demande de radicalité : le vrai moteur électoral du RN
« Lorsque le diagnostic porté sur la situation du pays devient radical, une réponse radicale peut cesser d’apparaître comme disproportionnée », écrit le docteur en science politique, Antoine Bristielle, qui explique ainsi l'une des raisons de la progression continue de Marine Le Pen -
Vie communeSénatoriales : vers une cohabitation RN-UDR ?
Le RN espère enfin constituer un groupe au Sénat dimanche, grâce à l’appui de l’UDR d’Eric Ciotti. Reste à organiser la vie commune de deux formations dont le rapport de force pourrait être, pour la première fois, à l’équilibre