La société Epopée de Ronan Le Moal lance son premier fonds immobilier
La crise sanitaire n’a pas freiné tous les projets des sociétés de gestion. Epopée gestion, la structure créée par Ronan Le Moal, ancien directeur général d’Arkéa, et l’entrepreneur Charles Cabillic, aussi passé par la banque bretonne, vient de terminer le bouclage intermédiaire de son fonds institutionnel Epopée Immo Rendement I, à 110 millions d’euros. Contrairement au premier fonds lancé par la société, West Web Valley, investi dans la technologie, celui-ci se concentre sur l’immobilier.
Le premier tour de table a été réalisé auprès d’Amundi, Primonial, Allianz, OFI, la Carac, la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages femmes (CARCDSF) et Groupama Loire Bretagne. D’ici la fin de l’année, le fonds vise une taille comprise entre 150 et 200 millions d’euros. Il espère un taux de rendement interne (TRI) de 7% et un rendement annuel distribué (cash-on-cash return) de 6,5%.
Le levier du fonds sera de 40% et la façade atlantique est présente jusqu’au montage financier, puisque c’est Hélia Conseil, la filiale des Caisses d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes et Bretagne Pays de Loire, qui a assuré la structuration et la syndication de la dette auprès du groupe Caisse d’Epargne.
Sur ce fonds, comme sur les autres qu’il gère, Epopée Gestion abondera un fonds de dotation à hauteur de 10% du carried interest (commission revenant au gérant).
Une quinzaine de biens, pour environ 30 millions d’euros
Le fonds investit dans des actifs du secteur tertiaire dont la taille moyenne se situe entre 2 et 4 millions d’euros (ils peuvent, à la marge atteindre 15 millions) implantés majoritairement dans des villes de moins de 20.000 habitants. «Nous voulons drainer de grands investisseurs pour financer en région des actifs de taille réduite qui, théoriquement, ne rentrent pas dans leur périmètre d’investissement», explique Ronan Le Moal. Par ailleurs le portefeuille comprend des biens de sociétés qui désirent vendre pour récupérer des liquidités et louer ensuite (opérations de cession-bail, sale and lease back). «Cela nous permet d’être des intermédiaires pour ces sociétés qui pourront créer de l’emploi par le réinvestissement qu’ils feront dans les territoires», continue le dirigeant.
La société de gestion, crée en 2020, reste en phase de lancement. Elle doit faire ses preuve et veut éviter au maximum les délais d’investissement. Cela fait donc presque un an que les équipes sourcent les actifs pour pouvoir très rapidement investir. Ce qu’elles ont déjà fait sur quinzaine de biens, pour environ 30 millions d’euros. A la fin du mois de juillet, le fonds compte avoir investi plus de 80 millions d’euros.
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