La recapitalisation de Ubi Banca agite la Place de Milan
Les valeurs bancaires ont encore dévissé hier à la Bourse de Milan, après l’annonce surprise, lundi, de la part de Ubi Banca d’une augmentation de capital pour un montant maximum de 1 milliard d’euros. Cette dernière a plongé de 12,32%, tandis que Banca Popolare di Milano a cédé 7%, Banco Popolare 6,92%, MPS 4,55% et Intesa Sanpaolo 4,53% dans un marché en baisse de 1,04%.
Ubi Banca a décidé cette recapitalisation pour renforcer ses fonds propres. L’opération aura lieu «d’ici à l’été si les conditions le permettent». Selon plusieurs observateurs, cette manœuvre, qui s’inscrit officiellement dans le cadre du nouveau plan industriel de la banque et en vue des nouvelles règles de Bâle 3, aurait plutôt été dictée par l’inéluctable réduction du financement italien sur le marché des obligations sécurisées (covered bonds).
L’annonce a fait l’effet d’une bombe, provoquant une sorte de chasse aux sorcières afin de débusquer qui serait la prochaine banque à tendre la main. Parmi les candidates possibles, Banca Monte dei Paschi (BMP), la troisième banque italienne en terme de capitalisation boursière, qui présentait ses résultats hier, s’est montrée ouverte pour sa part «à de nouvelles actions de gestion du capital». Mais son patron Antonio Vigni s’est bien gardé de donner de plus amples détails. Tout juste a-t-il confirmé le désir de BMP de rembourser l’aide de 1,9 milliard d’euros qui lui avait été accordée par l’Etat lors de la crise financière, sous forme d’obligations (Tremonti bonds), avant l’échéance de 2013. «Nous sommes engagés depuis longtemps à renforcer notre capital», a souligné le DG.
Autre banque suivie de près par les marchés, Banca Popolare di Milano (BPM). Alors que des sources proches de la banque avaient laissé entendre qu’une recapitalisation de 600 millions d’euros était à l’étude, la banque réunie en conseil jusque tard hier soir pour approuver ses résultats a finalement décidé «de ne procéder à aucune opération d’augmentation de capital, n’en voyant pas la nécessité». Néanmoins, selon les analystes de la banque d’affaires Berstein, «l’annonce inattendue de Ubi Banca ne manquera pas d’interpeler les autres banques sur le thème de la recapitalisation». MPS pourrait avoir besoin d’une recapitalisation de 1,5 milliard d’euros, estiment notamment ces analystes, qui excluent cette hypothèse en ce qui concerne Intesa Sanpaolo et UniCredit.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français