La perspective d’un retour à la rentabilité s'éloigne un peu plus pour Co-op Bank
Dix-huit mois après la mise en place de son plan de restructuration sur 5 ans, Co-op Bank a encore du pain sur la planche. Hier, la banque mutualiste britannique a révélé une aggravation de ses pertes à 204,2 millions de livres sur le premier semestre 2015, soit près de trois fois plus que la perte de 77 millions de livres enregistrée une année auparavant.
Pour expliquer cette contre-performance, le groupe a invoqué les erreurs héritées du passé, une réduction des recettes mais aussi la vente d’actifs non-centraux et l’augmentation des coûts d’ investissement dans les processus et systèmes informatiques, longtemps restés sous-investis. Car Co-op Bank revient de très loin : la banque, qui a frôlé la faillite il y a deux ans après la découverte d’un trou de 1,5 milliard de livres dans son capital, a reçu depuis le soutien d’investisseurs privés, y compris des fonds alternatifs, à deux reprises. Ebranlée l’an dernier par un scandale de trafic de drogue impliquant son ancien président Paul Flowers, Co-op Bank a également évité de justesse la semaine dernière une amende de 120 millions de livres de la part des régulateurs britanniques pour les erreurs de gestion commises durant les années précédant son quasi-effondrement.
Conscient que son rétablissement prendra encore du temps, le groupe coopératif a cependant marqué quelques points ce semestre. Co-op Bank est en effet parvenu à renforcer ses niveaux de capitaux à 14,9% comparé à 13% à la fin de l’année dernière tandis que ses coûts d’exploitation ont décliné de 297 millions de livres à 259,6 millions en une année. De même, les actifs à risques (RWA) ont été réduits à hauteur de 2,5 milliards de livres depuis décembre, passant de 12,6 à 10,1 milliards de livres. La banque a également poursuivi le recalibrage de son réseau : en baisse de 26% depuis le début de l’année, le nombre d’agences est aujourd’hui de 165 comparé à 291 fin 2013.
Mais selon Niall Booker, directeur général de Co-op Bank, ces progrès ne sont pas suffisants pour envisager un retour aux bénéfices cette année ni l’an prochain. L’introduction en Bourse que le groupe avait également évoquée est tout autant reportée. «Je pense qu’il faudra encore un peu de temps avant que nous soyons prêts à entrer en bourse» a souligné le directeur général, «pour cela, il serait bon de se rapprocher de la rentabilité».
Plus d'articles du même thème
-
L'Oréal place un emprunt obligataire de 2 milliards d'euros
Le groupe de cosmétiques a réalisé une émission en trois tranches. -
La Suisse maintient son taux directeur à 0%
La faible inflation que connaît le pays ne justifie pas de changement dans la politique monétaire et la croissance du pays ne risque pas de s’emballer dans les mois à venir. -
EssilorLuxottica et Meta dégainent de nouveaux modèles de lunettes connectées, dont un sans caméra
Les deux groupes ont dévoilé la troisième génération de leurs lunettes intelligentes en tenant compte des critiques sur le respect de la vie privée.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Global BritainCes « vieux schnocks » qui ont tout faux sur la « Gen Z »
Au Royaume-Uni, le professeur Peter Fonagy brise le tabou de la détresse psychologique des jeunes britanniques, piégés par l'hostilité économique et l'incompréhension des aînés -
« Il a escaladé la clôture » : comment un agent d'OpenAI a piraté les données de santé en Australie
Depuis New York, Canberra a dénoncé l'incursion autonome d'un algorithme d'OpenAI dans les systèmes de Medicare. L'événement, qui a eu lieu en juin, n'a été révélé au gouvernement australien qu'en septembre -
LFI, Gaza, Ukraine : ces sujets qui ont enflammé le premier débat de la primaire de la gauche
Le premier débat télévisé organisé a mis en lumière les lignes de fracture qui traversent le centre-gauche, tant au sujet des questions internationales que de la position à adopter vis-à-vis de La France insoumise