La manipulation du marché des changes fait ses premières victimes chez Deutsche Bank
Les enquêtes menées par diverses autorités dans le monde sur des soupçons de manipulation du marché des changes (dont le volume atteint 5.300 milliards de dollars chaque jour) continuent à mobiliser les banques visées, qui ne se privent pas de tenter de faire preuve de bonne volonté en faisant le ménage en interne.
Hier, le tour est venu pour Deutsche Bank, numéro un mondial du trading sur les changes. Die Welt tout d’abord a avancé de sources internes à la banque que cette dernière aurait suspendu «au moins» un trader, en l’occurrence un spécialiste du peso argentin basé à New York. Une sanction appliquée après étude des moyens de communication électroniques du fautif, courriels et autres outils de dialogue direct comme les chat rooms, désormais bannies au sein des salles de marché de Deutsche Bank, tout comme chez JPMorgan et Royal Bank of Scotland.
Alors qu’une source citée par Bloomberg confirmait l’information, une autre citée par Reuters assurait que l’enquête interne de Deutsche Bank avait déjà conduit à la mise à l’écart de «nombreux» traders à New York voire ailleurs «en Amérique».
Deutsche Bank a de nouveau confirmé avoir reçu des demandes d’information de la part des autorités et a assuré de sa pleine coopération dans le cadre des enquêtes. La banque s’est engagée à «prendre des sanctions disciplinaires individuelles si nécessaire», tout en refusant de confirmer que cela est déjà le cas. Son de cloche comparable pour le gendarme allemand des marchés, la Bafin, qui a souligné poursuivre une enquête sur les changes entamée l’été dernier.
Les soupçons de manipulation des taux de change de référence ont motivé l’ouverture d’enquêtes l’an dernier au Royaume-Uni, en Suisse, aux Etats-Unis ou à Hong Kong, et outre Deutsche Bank, UBS, Barclays, Citigroup et RBS ont déjà reconnu avoir été sollicitées. Ces deux dernières ainsi que JPMorgan et Standard Chartered auraient déjà mis à pied des collaborateurs.
Bloomberg souligne qu’en réalité au moins douze banques ont été contactées par les autorités et au moins douze traders déjà sanctionnés. Deutsche Bank avait auparavant suspendu sept traders dans le cadre du scandale de manipulation des taux interbancaires de référence, pour lequel la banque a convenu le mois dernier de verser une amende de 725 millions d’euros infligée par la Commission européenne.
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