La Maif entend négocier le virage du numérique à l’écart du low-cost
Malgré sa montée en puissance dans les étapes précédant l’achat (demande d’informations, besoin d'être rassuré), l’utilisation d’internet reste encore inaboutie dans le secteur de l’assurance. Une récente étude de Roland Berger estimait à 4% en 2012 les souscriptions individuelles de contrats via ce canal sur le marché français. «Les mutations vont être extrêmement lentes», confirme Pascal Demurger, directeur de la Maif, invité de la neuvième édition du forum assurance & internet, organisé par le comparateur Assurland.com.
Pour le dirigeant mutualiste, internet permet le développement d’une «commoditisation» du marché mais s’en nourrit aussi. Le point d’interrogation porte aujourd’hui sur la place que prendra cette approche low-cost dans le marché global. Si certains acteurs font résolument ce pari et changent radicalement de modèle, avec le lancement de «pure players» (comme l’ont fait la Macif et Groupama avec IdMacif et Amaguiz), Pascal Demurger table sur une bipolarisation du marché, avec des clients en quête de prix et d’autres de «rassurance».
«On ne va pas jusqu’à changer de modèle mais on doit le réviser profondément de l’intérieur. C’est le pari de la cohérence avec notre socle de valeurs et notre marque», explique-t-il. Selon une enquête réalisée par Assurland.com auprès de sa base d’utilisateurs, 85% des répondants choisissent à la fois un réseau pour la marque connue et la qualité du produit, contre respectivement 26% et 33% pour le prix low-cost.
Dans cette perspective, le responsable de la Maif annonce des nouveautés pour 2014 dans le domaine de l’animation communautaire et promeut la mise en place de plateaux téléphoniques dédiés aux seules déclarations de sinistres. «Je crois à la valeur ajoutée d’une relation directe lors de la déclaration, une phase de conseil importante pour l’assuré», estime Pascal Demurger.
C’est aussi pour cette raison que la Maif a choisi de se tenir à l’écart des comparateurs d’assurance, guidés selon elle par une approche essentiellement tarifaire. «On ne souhaite pas jouer à ce jeu-là ni pousser le marché dans cette direction», insiste Pascal Demurger, alors que Google, à l’affût de données qualifiées, vient de lancer cet été son propre comparateur d’assurances automobiles avec six partenaires. Quitte pour la Maif à se passer d’un vivier non négligeable de prospects.
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