La gestion d’actifs doit s’adapter à la révolution Solvabilité 2
La perspective de l’entrée en vigueur de Solvabilité 2 conduit les sociétés d’assurance à modifier en profondeur leur politique d’investissement. Et la nouvelle prise en compte des risques de marché aura un impact significatif pour le secteur de la gestion d’actifs, contraint de s’adapter aux nouvelles exigences.
«L’impact de Solvabilité 2 sur la gestion d’actifs sera majeur. C’est l’une des zones sur lesquelles Solvabilité 2 aura le plus d’impact d’un point de vue activité», a prévenu Vincent Dupriez, associé chez Ernst & Young, lors d’une présentation des impacts de la réforme sur les gérants d’actifs.
Ils devront fournir aux assureurs des offres leur permettant de mesurer parfaitement leurs risques en fonction des classes d’actifs dans le cadre du calcul de leur SCR (solvency capital ratio). «Les asset managers vont devoir s’habituer à rentrer dans ces process de gestion des risques. Chaque investissement va être passé au crible de grilles d’analyse avant d’être intégré au bilan», souligne Vincent Dupriez.
Les gammes de produits et les données disponibles devront dès lors évoluer. Des réflexions se font notamment sur les véhicules d’investissement. Un fonds ouvert ayant l’inconvénient de réunir plusieurs porteurs de parts aux besoins différents, l’idée de mandats de gestion et de fonds dédiés fait son chemin, afin de rassembler plusieurs assureurs aux bilans comparables sur des supports adaptés à leurs besoins. Quant aux produits, Ernst & Young évoque le développement de positionnements sur des niches rémunératrices et un abandon probable de la multigestion alternative, coûteuse en capital pour les assureurs étant donné la difficulté d’en apprécier le risque.
Les gérants devront aussi faire face à une demande d’informations croissante sur leurs produits. Et les données qu’ils fourniront aux assureurs devront pouvoir être auditées, nécessitant d’investir dans les systèmes d’informations. Le travail de reporting sera donc plus lourd pour répondre aux besoins spécifiques de chaque client assureur. Ernst & Young s’interroge d’ailleurs sur le coût difficilement facturable de ces nouveaux services.
Certains chantiers ont déjà été amorcés. Néanmoins, les différents profils des assureurs et le fait que toutes les directives de Solvabilité 2 n’aient pas été finalisées rendent difficile pour l’instant l’élaboration de solutions adaptées.
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