La faible inflation pourrait forcer l’exécutif à baisser le taux du Livret A
Le Livret A risque de devenir encore moins attractif pour les épargnants français. Le taux de rémunération du livret d’épargne défiscalisé, déjà abaissé au niveau historiquement bas de 1% en août dernier, pourrait être à nouveau diminué lors de sa révision semestrielle après la publication du taux d’inflation de décembre ce mercredi par l’Insee. Une nouvelle baisse du taux du Livret A pourrait encourager le désamour dont il fait l’objet, au profit de l’assurance vie, et renforcerait l’écart de rémunération entre le livret A et le Plan Epargne Logement (PEL).
La formule de calcul du taux du Livret A est basée sur le niveau d’inflation et des taux monétaires. Compte tenu de la faiblesse de l’augmentation des prix à la consommation, la Banque de France devrait proposer au gouvernement d’abaisser le taux en dessous de 1%. L’inflation, qui était encore à 0,3% en glissement annuel en novembre dernier, pourrait être proche de 0% à la mi-2015, selon l’Insee. Dans ce contexte, un taux de 0,25% «pourrait même être concevable», écrit la recherche d’Exane BNP Paribas, qui y voit une bonne nouvelle pour les banques.
Cependant, «la pression politique pour protéger le taux d’un produit d’épargne si populaire rend un niveau si bas peu probable», poursuit-elle en tablant sur un taux de 0,75%. Alors que l’indice des prix (hors tabac) augmentait de seulement 0,3% sur un an en juin dernier, la Banque de France avait alors proposé de déroger à l’application de la formule, qui impliquait un taux de 0,50%, et de fixer ce dernier à 0,75%. Pour «préserver la rémunération de l’épargne des Français», le gouvernement avait finalement opté pour une baisse encore moins radicale à 1% (contre 1,25%).
Une baisse du Livret A pourrait renforcer le mouvement de décollecte qu’il subit depuis 2014. Le livret perdait 5,84 milliards d’euros entre le début de l’année dernière et le mois de novembre (avec 260,3 milliards d’encours), selon les chiffres de la Caisse des dépôts (CDC). Les épargnants se tournent vers les contrats d’assurance vie, mieux rémunérés. La collecte nette en 2014 de ces contrats était de 21,3 milliards d’euros à la fin du mois de novembre (pour un encours de 1.515 milliards d’euros).
Le PEL, dont le taux est fixé à 2,5% (le plancher établi par la loi) affiche lui aussi une belle santé avec une collecte annuelle positive de 11 milliards d’euros à la fin du mois d’octobre pour un encours de 209 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.