La dégradation de la note de Siaci accroît la pression sur le courtier
Il n’y a pas de bon moment pour voir sa note de crédit se faire dégrader par une agence de notation, mais le timing aurait pu être meilleur pour Siaci Saint Honoré. S&P Global Ratings a abaissé la note du courtier en assurances d’un cran, à CCC+. Cette décision intervient alors que Siaci est récemmententré en discussions avec Diot, détenu par le groupe Burrus, dans le but d’un rapprochement. L’agence de notation évoque des flux de trésorerie négatifs en 2020 qui pourraient le rester en 2021.
S&P explique qu’à cause de restructurations internes et de la crise sanitaire, les coûts de la société sont restés élevés, tandis que ses revenus ont subi une baisse. La société de notation s’attend à ce que ce déséquilibre persiste en 2021. Ainsi, dans les 12 prochains mois, les flux de liquidités pourraient ne pas être suffisants pour couvrir tous ses besoins. La société a des échéances à régler en numéraire durant l’année 2021, même si certaines d’entre elles devraient être décalées à 2022, précise S&P. Siaci pourrait donc être contraint de décider l’an prochain de lever des fonds propres ou une dette supplémentaire. Depuis le troisième trimestre 2019, la société a bien levé 32,5 millions d’euros de capital, mais ce montant demeure inférieur aux 65 millions d’euros anticipés à l’origine par S&P.
La note de Siaci reste sous surveillance négative. En cas de scénario noir, S&P pourrait encore l’abaisser, si le courtier était confronté à un «déficit de liquidité l’empêchant d’honorer ses engagements de dette», ou encore s’il envisageait un rachat ou une restructuration de dette.
La société s’est lancée, depuis plusieurs années, dans une course à la taille, réalisant de nombreuses acquisitions. En 2019, elle a acquis l’italien Cambiaso Risso, CLC assurances ou encore la société de courtage et de conseil Adding. Siaci ne cachait pas, à l’époque, être continuellement à la recherche de nouveaux partenaires. Depuis, crise oblige, les opérations de croissance externe ont cessé. Au mois de mars, l’annonce du rapprochement d’Aon et de Tower Watson, respectivement numéros deux et trois mondiaux derrière Marsh & McLennan, a contribué à creuser l'écart avec le courtier français. L’ouverture des discussions avec Diot a montré que la volonté du groupe de jouer dans la cour des américains restait entière. Mais la dégradation de sa note par S&P, si elle ne change pas fondamentalement les choses, pourrait compliquer la négociation avec son partenaire.
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