La défiance à l'égard des banques espagnoles monte en puissance
Le gouvernement espagnol a tenté hier d'éteindre l’incendie provoqué par un article du quotidien El Mundo. Selon le journal, les clients de Bankia, établissement nationalisé la semaine dernière, ont retiré plus d’un milliard d’euros de leurs comptes. «Il n’est pas vrai qu’il y a en ce moment une sortie des coffres de Bankia», a affirmé Fernando Jimenez Latorre, secrétaire d’Etat à l’Economie, à l’occasion d’une conférence de presse sur l'état de l'économie espagnole; le PIB s’est contracté de 0,3% au premier trimestre 2012 comparé aux trois derniers mois de 2011. Un tableau morose qui n’a été que partiellement éclairci par l’annonce d’un accord sur une baisse des dépenses entre 16 des 17 régions espagnoles - dont celles très endettées de Catalogne et Valence - et le gouvernement central.
«Ceux qui ont déposé de l’argent chez Bankia peuvent être complètement rassurés : leur épargne ne risque rien», a renchéri Jose Ignacio Goirigollzarri, le nouveau président de Bankia. Dans un avis transmis aux autorités boursières espagnoles, la banque a précisé que les mouvements de dépôts constatés au cours de la première quinzaine de mai étaient saisonniers. Cette mise au point n’a toutefois pas permis à Bankia d'éviter la sanction boursière : l’action a plongé hier de 14,08%, à 1,42 euro. Elle avait déjà fondu de 10% la veille après le report de la publication des résultats du premier trimestre.
Selon une source gouvernementale espagnole citée par Reuters, Bankia doit présenter la semaine prochaine un plan de restructuration. Un cas particulier qui s’inscrit dans un contexte de défiance généralisée, alors que le gouvernement a présenté il y a une semaine une deuxième réforme du secteur. Ces craintes relatives au paysage bancaire espagnol ont fait grimper les coûts de financement du pays ces dernières semaines. Après avoir inscrit un record historique mercredi, le spread entre l’emprunt d’Etat espagnol à 10 ans et l’allemand repartait à la hausse, à plus de 489 points de base.
Pour couronner cette journée sous haute tension, Moody’s a annoncé en fin de soirée la dégradation de la note de crédit long terme de seize banques espagnoles, dont celles de Santander et BBVA qui sont ramenées à A3. Pour justifier ces abaissements en série, l’agence cite pêle-mêle l'état de l'économie et du secteur financier, l’accès restreint aux financements ou encore la détérioration des finances publiques.
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