La cybercriminalité cible ses attaques dans le secteur bancaire
Ses contours restent encore flous à ce stade mais une attaque informatique d’envergure a touché une centaine de banques et institutions financières principalement en Russie mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Selon les preuves réunies à ce jour, les sommes dérobées sont estimés à 300 millions mais ce montant pourrait tripler, indique l'éditeur d’antivirus Kaspersky Lab qui a publié hier un rapport sur le sujet.
C’est un groupe multinational de cybercriminels russes, ukrainiens, chinois et européens, baptisé «Carbanak» d’après le nom du logiciel malveillant (malware) qu’il déploie, qui serait à l’origine de cette offensive d’une sophistication inégalée.
Loin du «cash and run» traditionnel, leur modus operandi relève surtout d’un effort de patience. Plutôt que de s’en prendre aux clients des banques, les pirates ont envoyé un email contenant le malware «Carbanak» à plusieurs centaines d’employés bancaires, parvenant ainsi à espionner et à prendre le contrôle d’ordinateurs. Plusieurs mois durant, ils ont identifié puis observé les faits et gestes de collaborateurs haut placés ayant la main sur des opérations financières pour le compte de la banque.
Une fois les procédures parfaitement connues et maîtrisées, ils les ont répliquées en virant les fonds, via le réseau Swift dans certains cas, vers des comptes ouverts notamment chez JPMorgan et Agricultural Bank of China, selon les informations recueillies par le New York Times. Plus surprenant, ils ont également réussi à prendre possession de l’argent en pilotant à distance des distributeurs automatiques avec l’aide de complices. L’un des établissements aurait été «siphonné» de plus de 7 millions de dollars via cette technique.
Interpol et Europol enquêtent sur ce dossier. Et le FS-ISAC (Financial Services Information Sharing and Analysis Center), la plate-forme commune lancée par le secteur bancaire à la fin des années 1990, a diffusé auprès de ses membres des éléments sur cette attaque. Dans un rapport publié il y a quelques jours, Kaspersky souligne que le nombre d’attaques du type phishing et malware affectant le secteur financier a diminué l’an dernier. L’une des explications tient au fait que les pirates se détournent des attaques en masse, préférant des actions «ciblées» sur les prestataires des banques ou les établissements eux-mêmes.
Plus d'articles du même thème
-
Segro accepte de soutenir la dernière offre de rachat de Prologis
L’entreprise de logistique britannique a finalement accepté la quatrième offre de reprise de son concurrent américain Prologis pour 14 milliards de livres. -
Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
Le rendement de l'OAT 10 ans est au plus haut depuis la crise financière de 2008. Le rebond des prix de l'énergie et les anticipations de resserrement monétaire font décaler à la hausse l'ensemble des courbes de taux des pays développés. -
Sartorius Stedim Biotech est sanctionné en Bourse après des ventes décevantes
Le chiffre d'affaires du groupe a été pénalisé par des remboursements de droits de douane américains accordés aux clients. Les dirigeants confirment leurs objectifs annuels.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
BouderieMauvaise humeur chinoise autour de la mer de Chine méridionale
Pékin s’agace des efforts du Japon et des Etats-Unis à renforcer leur coopération avec l’ASEAN sur les questions maritimes -
« Aucun laxisme » : Emmanuel Macron « corrige » l’ambassadeur français en Algérie après une polémique sur le nombre de visas octroyés
La droite et l’extrême-droite avaient dénoncé le week-end dernier la volonté de l’ambassadeur de délivrer 250 000 visas par an aux ressortissants algériens. -
Série d'étéMoi, Gérald Bronner, président : « Je sauvegarderais l’intelligence collective »
SERIE (7/28). Le sociologue spécialiste du complotisme s'est glissé pour l'Opinion dans la peau du locataire de l'Elysée. Il propose de faire du développement de l’esprit critique une grande cause nationale