La Caixa crée une banque pour ses activités financières
La caisse d'épargne espagnole la Caixa a annoncé hier soir la création d’une banque où elle transférera ses activités bancaires. Son conseil d’administration et celui de sa holding cotée de participations industrielles, Criteria, espèrent boucler l’opération d’ici août 2011. CaixaBank se situerait «au dixième rang de la zone euro», sur la base de son bénéfice net de 1,2 milliard d’euros jusqu’en septembre 2010, souligne le groupe dans un communiqué.
Elle sera débarrassée de toutes les activités immobilières du groupe, ce qui, «allié à son niveau élevé de fonds propres durs (10,9% selon Bâle II), son faible taux d’encours douteux (3,71%), son niveau de couverture de 70%, sa liquidité de 19,6 milliards d’euros et des provisions génériques de 1,8 milliard, place CaixaBank parmi les établissements les plus solides du secteur». La Caixa lancera une émission d’obligations convertibles de 1,5 milliard d’euros pour renforcer son ratio core tier one qui devrait atteindre 8% fin 2012 selon les critères de Bâle 3.
La réorganisation du groupe se fera à travers un échange d’actions et de participations industrielles entre la caisse d'épargne, via sa filiale bancaire Microbank, et Criteria qui deviendra à terme CaixaBank et n’aura ainsi pas quitté la Bourse. La caisse d'épargne La Caixa contrôlera alors trois organismes. Premièrement CaixaBank, à 81%, qui intégrera aussi les activités d’assurance et les participations dans les banques étrangères du groupe (Bank of East Asia (15%), BPI (30%), Inbursa (20%), Erst Bank (10%) et Boursorama (20%). Les actionnaires de Criteria contrôleront le reste du capital. Deuxièmement, l’intégralité d’une société non cotée, qu’elle évalue à 10 milliards d’euros et qui regroupera ses participations industrielles, dont 35% de Gas Natural, 35% d’Abertis, des parts dans de grandes compagnies immobilières (trois actifs qui étaient logés dans Criteria) et la gestion des immeubles saisis (au sein de Servihabitat). Troisièmement, son œuvre sociale avec un budget de 500 millions d’euros en 2010.
Son annonce suit de près celle des nouvelles exigences de capital qu’imposera le gouvernement espagnol au secteur dès la fin 2011. Les caisses d'épargne non cotées, ne comptant pas la présence d’investisseurs privés et trop dépendantes des marchés pour se financer devront afficher un ratio de fonds propres durs d’au moins 9 % voire 10%. Ce qui pourrait les pousser à suivre rapidement l’exemple de CaixaBank.
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