La Caisse des dépôts a fermement négocié son apport à La Poste
Les modalités de l’entrée de la Caisse des dépôts (CDC) dans le capital de La Poste – dans laquelle l’institution va injecter 1,5 milliard d’euros pour 26,32% du capital et l’Etat 1,2 milliard – sont désormais officielles. Elles méritent quelques éclaircissements.
Conformément aux informations qui circulent depuis de longues semaines, les deux protagonistes ont retenu une valorisation en capital (et non en valeur d’entreprise) de 3 milliards d’euros avant l’opération. Un montant nettement inférieur aux fonds propres de La Poste, qui atteignaient 4,3 milliards d’euros au 30 juin 2010.
La différence sera reconnue si La Poste réalise son plan d’affaires 2015, qu’elle a détaillé en avril dernier. «Avec l’accord de l’Etat, la CDC a voulu prendre en compte un certain nombre de risques susceptibles de se réaliser», indique un dirigeant de la Caisse, comme la question des retraites et, plus spécifiquement vis-à-vis de la Banque Postale, les taux d’intérêt. Au titre de sa participation, la CDC devra alors verser un complément de prix correspondant à 26,32% de 1,3 milliard, soit 342 millions d’euros.
«Nous avons également voulu prendre en compte l’hypothèse selon laquelle La Poste dépasserait son business plan», poursuit le dirigeant. Dans ce cas, l’actif pourra être revalorisé jusqu’à un maximum de 700 millions d’euros, obligeant la CDC à verser sa quote-part à l’Etat. La valeur potentielle maximale en equity de La Poste a donc été fixée à 5 milliards d’euros.
En revanche, étant donné son caractère incertain, le dépassement de l’objectif devra être confirmé par une expertise indépendante, afin de déterminer s’il correspond bien à des résultats pérennes. La Caisse bénéficiera en outre d’un abattement de 10% sur le complément de prix.
L’aval de la commission de surveillance de la CDC devra être confirmé lundi par le comité de direction. En attendant, l’institution a publié hier des résultats semestriels en forte progression. Son bénéfice net a été multiplié par plus de deux, à 1,54 milliard d’euros. Cette performance est principalement le fait de ses filiales – le pôle Caisse des dépôts affichant lui un bénéfice en hausse de 37% à 331 millions. L’institution a tiré profit d’opérations exceptionnelles d’Icade, notamment la cession de 81% de son patrimoine de logements existant. La contribution du pôle immobilier et tourisme passe ainsi de 117 à 548 millions.
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