La BEI s’interroge sur le maintien de Londres à son capital
Interrogé au sujet de l’impact du Brexit pour l’activité de la Banque européenne d’investissement (BEI) au Royaume-Uni, son président Werner Hoyer n’a voulu exclure «aucune possibilité». Il s’exprimait mardi à Bruxelles à l’occasion de la conférence annuelle de la BEI dont la production de prêts s’est élevée à 83,8 milliards d’euros en 2016.
«Les statuts de la banque sont tout à fait clairs… Ses actionnaires sont les Etats membres de l’Union européenne», a expliqué Werner Hoyer. Mais le retrait du Royaume-Uni qui détient 16,1% du capital «sera une entreprise très très difficile». D’autant plus que les encours de prêt dépassent 50 milliards d’euros outre-Manche, dont 7 milliards de nouvelles signatures en 2016. «C’est énorme», a-t-il déclaré. Les engagements de la BEI dans d’autres pays européens non membres de l’UE sont sans proportion. «Les prêts à la Norvège sont 44 fois moins élevés qu’au Royaume-Uni», a-t-il rappelé.
D’où l’hypothèse d’un maintien de la participation britannique. La question de savoir «si finalement il y a une possibilité de changer cela, statutairement, et de permettre à un ancien Etat membre de rester actionnaire est complètement ouverte ; (c’est de la) pure spéculation… C’est pourquoi je n’exclurais aucune possibilité. N’empêchez rien, ne préemptez rien», a-t-il recommandé.
Il ne s’attend pas à ce que l’incertitude sur les engagements présents et à venir soit levée rapidement. «Cette question (de la participation britannique) ne trouvera de réponse qu’à la fin du processus, pas au début». «Nous sommes un peu dans les limbes», a-t-il admis.
Un changement de statut et de traité est envisageable au moment de la vague de ratification du futur traité de Brexit, qui doit être négocié et adopté dans les deux ans suivant la notification de la demande de sortie. Une chose est sûre : la BEI ne négociera pas directement avec son actionnaire britannique.
En attendant un groupe de travail a été mis en place au sein de la banque pour gérer les engagements en cours et à venir. «En ce qui concerne le stock des investissements, je ne vois aucune raison d’agir» et pour «les nouvelles opérations, nous devons parler à nos partenaires», a-t-il dit, insistant sur la qualité des relations avec l’industrie et le gouvernement britannique. Et de conclure : «Le moment est venu de la désescalade».
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