La banque Palatine confirme son ancrage chez BPCE
Alors que l’avenir de la Banque Palatine était suspendu au succès du rapprochement des groupes Banque Populaire et Caisse d’Epargne, la teneur de l’exercice 2010 permet à ses dirigeants d’afficher leur sérénité.
Entre 2008 (début de la transformation de l’ex-filiale de l’Ecureuil) et 2010 (elle est directement rattachée à BPCE), le produit net bancaire est passé de 204 à 287,5 millions d’euros, avec des charges stables. Cet effet ciseau positif a permis à Palatine d’améliorer son coefficient d’exploitation, passé de 84,5% il y a trois ans à 65,6% en 2009, pour atteindre 59,5% l’année dernière. «Il devrait se stabiliser autour de 60% en 2011», estime Thierry Zaragoza, en charge des finances.
Le résultat net est un autre motif de satisfaction: Palatine l’a multiplié par 2,7 à 53 millions d’euros, en dépit d’une hausse de ses provisions pour coût du risque, qui ont plus que doublé (à 58,2 millions). Environ 16 millions sont de nature exceptionnelle et liés à la restructuration d’Urbania, auquel Palatine était exposée à travers deux lignes corporate. «Nous avons choisi de prendre les pertes sur ces créances», précise le président du directoire Daniel Karyotis. Le reste de l’augmentation est le fait «des difficultés des entreprises de notre cœur de cible dans un contexte de sortie de crise », poursuit-il. Les dirigeants tablent malgré tout sur une augmentation du résultat net en 2011.
Ils ont insisté sur l’intégration de Palatine dans le dispositif de sa maison mère. «Nous sommes le bras armé de BPCE sur les ETI [entreprises de taille intermédiaire]. Nous sommes complémentaires des Banques Populaires, qui se concentrent plutôt sur les PME de moins de 100 millions d’euros de revenus et les professionnels et de Natixis, qui vise les grands comptes», a d’ailleurs martelé Daniel Karyotis. Les encours de crédit aux entreprises ont progressé de 11% à 4,1 milliards d’euros; la banque a distribué un milliard d’euros de financements moyen et long termes en 2010. «La tendance s’annonce encore meilleure à l’aune du premier trimestre 2011, où notre production brute tourne autour de 280 millions d’euros», se réjouit Jean-Marc Ribes, en charge du développement.
Le modèle de Palatine repose sur la fertilisation croisée entre PME et chefs d’entreprises: les clients à double titre (de leur société et de leur patrimoine) représentent près de 36% de leur clientèle, contre 30% en 2009. L’objectif pour 2011 est d’atteindre les 40%.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
- Le rachat de SFR servira de test à la future doctrine antitrust en Europe
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie