La Banque du Japon pourrait mettre le feu aux prix énergétiques
L’onde de choc du séisme qui a dévasté le Japon n’a pas fini de faire des remous. Afin d’éviter une panique des marchés financiers, des bank runs (ruées aux guichets) et afin d’endiguer une potentielle hausse du yen, la banque centrale du Japon (BoJ) a décidé d’injecter un montant record de 15.000 milliards de yens (environ 131 milliards d’euros), au travers de trois injections massives de respectivement 7.000, 5.000 et 3.000 milliards de yens. «La banque fera tout ce qui est en son pouvoir pour continuer d’assurer la stabilité des marchés financiers et faciliter les opérations» a déclaré la BoJ dans un communiqué. La priorité actuelle des autorités est de s’assurer que les banques présentes dans les régions du pays les plus touchées par le séisme ne soient pas à court de liquidités. La BoJ a déjà injecté ce week-end 55 milliards de yens aux institutions financières dans les régions les plus touchées et devrait envisager rapidement un assouplissement de ses conditions monétaires.
De son côté, le ministre de l'économie Kaoru Yosano a prévenu que les mouvements spéculatifs seront combattus, et qu’il n'était pas question que des individus tirent avantage de la situation en se lançant dans des opérations à découvert. Le financement des conséquences du séisme devrait donner un coup d’arrêt aux efforts récents engagés par le gouvernement visant à réduire le niveau astronomique de sa dette (environ 200% du PIB). En séance, l’intervention de la BoJ a permis de faire revenir le yen à 82,43 pour un dollar, contre un plus haut de 80,60 en ouverture.
Le pays a été échaudé. Même si «comparaison n’est pas raison», les investisseurs gardent en mémoire les conséquences du tremblement de terre de Kobé de 1995 qui avait coûté 10.000 milliards de yens de dommages à l’économie japonaise, soit environ 2,5% du PIB japonais de l’époque, avait fait baisser le rendement des obligations d’Etat (JGB) de 4,7% à 2,6% en l’espace de 5 mois, fait plonger l’indice Topix de 22% et fait grimper le yen de 19%.
Si les fermetures d’usine ont fait reculer les prix du pétrole de 2,4% aujourd’hui à 111,16 dollars par baril, les inquiétudes concernant un abandon de la politique d’énergie nucléaire au Japon, le report des constructions d’usines dans le reste du monde, et les politiques monétaires de la Fed et de la BCE qui restent accomodantes pourraient entrainer une forte hausse des prix énergétiques.
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